Pologne: Chute du pape à la nonciature de Varsovie: sans conséquence

Le pape dénonce la «civilisation de la mort» et la pornographie

De notre envoyée spéciale, Caroline Boüan

Varsovie, 13 juin 1999 (APIC C’est un pape orné d’un pansement blanc sur la tempe droite qui a célébré la messe du samedi 12 juin à Sandomierz, petite ville historique située à 200 kilomètres au sud-est de Varsovie. Jean Paul II avait dû être recousu de trois points de suture le matin, après une chute à la nonciature, où réside le pape. Une chute qui n’a pas empêché Jean Paul II de demeurer ferme dans son discours. Le pape a en effet mis en garde les jeunes contre l’amour libre et la pornographie en défendant la chasteté, devant plus de 400’000 fidèles réunis samedi dans le sud de la Pologne.

Au huitième jour de son pèlerinage en Pologne. Le pape a célébré une messe au cœur d’une grande plaine traversée par la Vistule, près de la ville médiévale de Sandomierz, l’une des plus anciennes de Pologne.

Avant de quitter Varsovie pour Sandomierz, le pape a fait une chute à la nonciature, qui lui a valu une «légère contusion» à la tempe, nécessitant 3 points de suture. Cette chute, a assuré Joaquin Navarrol Valls, porte-parole du Saint-Siège, n’a «aucune incidence» sur l’état général du pape, dont le programme reste inchangé.

Le pape a toutefois été aidé par ses proches collaborateurs pour gravir les marches de l’autel à Sandomierz, mais il a parlé avec assurance.

Le courage et la foi coûtent cher, mais vous ne pouvez pas perdre l’amour, a dit le pape à ces compatriotes. Jean Paul II a accusé la «civilisation de la mort» de vouloir détruire la pureté du cœur. «L’une de ses méthodes consiste à mettre inconditionnellement en doute la valeur de l’attitude de l’homme que nous définissons comme la vertu de la chasteté. Ce phénomène est particulièrement dangereux quand l’attaque prend pour cible des consciences sensibles, des enfants et des jeunes».

Aujourd’hui, a encore relevé Jean Paul II, «la civilisation de la mort vous propose entre autres choses le soi-disant amour libre où l’on arrive à la profanation de l’une des valeurs les plus sacrées parce que le libertinage n’est ni l’amour ni la liberté».

Protégez vos familles, s’est exclamé le pape, contre tout ce qui envahit sous différentes formes la conscience de l’homme, surtout celle des enfants. «Protégez la pureté des cœurs dans vos foyers et dans la société».

Visite à l’hôpital de Zamosc

«Il faut saisir toutes les occasions pour une harmonieuse coopération de la famille, de l’Eglise, de l’école, des autorités locales et de l’Etat, pour éloigner des jeunes les dangers dont la civilisation de consommation d’aujourd’hui est porteuse», avait déjà déclaré Jean Paul II en s’adressant vendredi à l’ensemble de la Conférence épiscopale polonaise réunie à Varsovie.

Un message répété aux jeunes réunis à Sandomierz: «N’ayez pas peur de vivre contre les opinions de mode et les propositions contraires à la loi de Dieu».

Samedi encore, en fin d’après-midi, le pape s’est encore déplacé d’une centaine de kilomètres plus à l’est, à Zamosc, non loin de la frontière ukrainienne, où il a cette fois dénoncé «l’extermination des enfants à naître», «la mort provoquée des personnes âgées et des malades», et «les interventions et manipulations inadmissibles dès le début de la vie humaine». Jean Paul II venait de bénir un hôpital de la ville portant son nom, et ayant toujours bénéficié, à l’époque où l’avortement était une pratique légale et courante en Pologne, d’une charte spéciale des autorités locales garantissant qu’il n’y serait pas pratiqué. (apic/zenit/pr)

13 juin 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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