Nouveau secrétaire général

France: Défis de l’Enseignement catholique pour l’an 2000

Paris, 13 juin 1999 (APIC) Les évêques nommeront le 16 juin un nouveau secrétaire général de l’Enseignement Catholique de France. Elèves, enseignants, parents: plus de trois millions de Français sont concernés dans l’Hexagone et outre-mer.

L’actuel secrétaire général de l’Enseignement Catholique en France est un ancien président de l’Union nationale des parents, Pierre Daniel. Agé de 68 ans, il achèvera son mandat le 1er novembre. Après l’été, il aura deux mois pour initier son successeur aux principaux dossiers. La relève sera sans doute assurée, croit savoir le quotidien «La Croix», par un laïc de 59 ans, Paul Malartre, actuellement directeur diocésain de l’enseignement catholique à Saint-Etienne.

L’Enseignement Catholique en France (départements et territoires d’outre-mer compris) rassemble 2’066’069 élèves. Sur 20 élèves, il y en a 8 dans le primaire, 11 dans le secondaire et 1 dans l’enseignement agricole. Au total, cela fait 9’500 établissements, 120’000 enseignants et 60’000 autres membres du personnel, ainsi que 800’000 parents concernés.

Deux dossiers à régler

Dès son entrée en fonction, le successeur de Pierre Daniel aura deux dossiers à régler. L’un concerne le financement. L’Enseignement Catholique ne perçoit que 10% du budget national de l’éducation, alors qu’il scolarise 20% des jeunes. L’Etat français paie les salaires des enseignants et une partie des charges sociales des établissements. Mais dans les 9’500 établissements relevant de la loi de 1901 sur les associations, une série de dispositions de droit privé n’ont pas été prises en compte. Il y a donc inégalité de traitement entre les écoles. Les enseignants du réseau catholique en pâtissent jusque dans leur traitement: bien qu’ayant payé davantage pour leur sécurité sociale que leurs collègues des écoles publiques, leur pension est inférieure et leurs droits plus fragiles.

Autre dossier qui réclamera la vigilance du nouveau secrétaire général: les effets du nouveau statut de l’Enseignement Catholique, adopté en 1992. Prenant acte de l’évolution des écoles, du corps enseignant comme des familles, les évêques ont souhaité que soit creusée à nouveau frais la question de leur mission propre et de leur identité catholique. «Sans ambiguïté et sans repli sur soi», relève l’actuel secrétaire général. Sur le terrain, ceci demande aux différents établissements, en concertation avec une centaine de directions diocésaines, de repenser leur projet pédagogique.

Cinq défis

Au-delà des deux dossiers inscrits à l’agenda des prochains mois, le Secrétariat général épingle cinq défis sur lesquels le cap devra être maintenu pour les prochaines années: baisse démographique qui entraîne chaque année une perte de 60’000 élèves; fermetures de classes, voire d’écoles et réaffectations d’emploi; bâtiments scolaires – deux sur trois – qui ont besoin de travaux de réfection ou de rénovation; écoles rurales désertées et démunies…

L’identité de l’école catholique est sans doute le défi numéro un. Car sur le terrain incontournable de l’école, l’Eglise montre «ce qu’elle sait faire ou ne sait pas faire». Il ne s’agit pas d’abord d’éducation religieuse, mais d’éducation générale, bref d’une vision de l’être humain. Le projet éducatif de chaque école est ici interpellé au plus profond. Y compris pour dépasser les clivages sociaux, doublés par un cliché «école catholique, école de riches». Heureusement, constate «La Croix», «certains établissements pratiquent une ouverture raisonnée aux plus pauvres, aux handicapés, aux jeunes en butte au système scolaire». Mais, «la réalité oblige à dire qu’ils ne sont pas majoritaires», ajoute le quotidien français. (apic/cip/cx/pr)

13 juin 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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