Le patriarche Cyrille de Moscou est le chef de l'Eglise orthodoxe russe | © Larry Koester/Flickr/CC BY 2.0
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Cyrille: «La Russie, bastion des droits humains et de la liberté religieuse»

Le patriarche Cyrille de Moscou considère la Russie comme un bastion des droits de l’homme et de la liberté religieuse. Dans la traditionnelle interview de Noël 2026 diffusée à la télévision, le chef de l’Église orthodoxe russe a dénoncé une nouvelle fois le ‘sécularisme militant’ de l’Occident.

Le patriarche Cyrille a notamment abordé la question de l’origine des tensions entre la Russie et l’Occident. Après la fin de l’Union soviétique, le peuple et le gouvernement ont pris conscience que les Droits de l’Homme et la liberté de religion devaient être respectés sans condition, a -t-il expliqué. De plus, l’économie de marché et la liberté de circulation sont désormais pleinement garanties en Russie. Le pays représente ainsi une alternative très attrayante pour le développement de la civilisation.

Les valeurs rejetées par l’Occident

Selon le patriarche: «Nous offrons des valeurs que l’Occident a rejetées et continue de rejeter.» Cela inclut également le fait que la foi chrétienne est très importante en Russie, ce qui n’est pas le cas en Occident. La foi y est reléguée à la marge de la vie publique, sur la base de l’hypothèse erronée que la religion est une affaire privée.

Le patriarche a également accusé l’Occident de «sécularisme militant». «Nous rejetons ce qui est actuellement accepté en Occident sous le couvert des Droits de l’Homme, mais qui vise en réalité à détruire la morale humaine.»

Pour Cyrille, la morale est finalement la loi de Dieu, «profondément ancrée dans la nature humaine afin que l’homme puisse vivre». La morale, telle que Dieu l’a implantée dans la nature humaine, est la condition préalable et le chemin vers le bonheur humain. «Et si aujourd’hui, sous le couvert de la liberté, la morale personnelle et familiale est détruite, nous voyons où cela mène», a déclaré le patriarche. Il observe en particulier dans les pays occidentaux la décadence morale de la jeune génération. Il ajoute: «S’il n’y a pas de Dieu, tout est permis.»

«Une voie alternative pour le développement humain«

Face à cet Occident dépravé, le patriarche a réaffirmé une fois de plus que la Russie reconnaît tous les droits et libertés, que sa politique s’aligne strictement sur les directives des Nations Unies et des organisations de défense des droits de l’homme, et qu’elle ne s’écarte pas d’un pouce de cette ligne de conduite. C’est pourquoi elle entrerait en confrontation avec la civilisation occidentale. «Précisément parce que cette civilisation justifie le péché et croit que le péché n’est pas un péché, ni une violation des commandements ou des principes de vie, mais une voie alternative du développement humain.»

Hommage à Vladimir Poutine

Dans la nuit du 6 au 7 janvier, le patriarche Cyrille a présidé la messe festive de Noël dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. De nombreux politiciens russes de haut rang ont assisté à la messe, mais pas Vladimir Poutine.

Dans son message de félicitations au président russe, le patriarche a une fois de plus rendu hommage aux innombrables services rendus par Poutine à la Russie et à l’Église. Le président veille sans relâche au bien-être du peuple russe, renforce la souveraineté du pays et les valeurs traditionnelles de la société, a-t-il asséné.

Cyrille a aussi expressément salué les bonnes relations entre l’État et l’Église orthodoxe. Cette bonne coopération contribue à la consolidation du peuple, à l’éducation spirituelle, morale et patriotique de la jeune génération et à la préservation du riche héritage historique et culturel du pays. Le patriarche n’a cependant pas mentionné explicitement la guerre contre l’Ukraine.

La mission sacrée des soldats russes

Vladimir Poutine a utilisé de son côté la même rhétorique messianique. S’exprimant lors d’une célébration orthodoxe de Noël dans une petite église de la région de Moscou devant des militaires et leurs familles, le président a souligné que les les soldats russes accomplissent une «mission sacrée» au nom de Dieu.

Dans la vidéo publiée par le Kremlin, Poutine s’est adressé pendant deux minutes à la vingtaine de personnes présentes et a rappelé que Jésus est qualifié de sauveur, car il est venu sur terre pour sauver tous les hommes. «Les soldats russes accomplissent eux aussi, pour ainsi dire au nom du Seigneur, cette mission: la défense de la patrie, le sauvetage de la mère patrie et de son peuple.» La Russie a toujours considéré ses propres guerriers comme accomplissant une «mission sacrée», a-t-il ajouté. Il n’a toutefois pas mentionné explicitement, lui non plus, la guerre contre l’Ukraine. (cath.ch/kap/kna/mp)

Le patriarche Cyrille de Moscou est le chef de l'Eglise orthodoxe russe | © Larry Koester/Flickr/CC BY 2.0
7 janvier 2026 | 15:17
par Maurice Page
Temps de lecture : env. 3  min.
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