Brésil: Le cauchemar des prisons au pays de la samba et du football

Des photos de Jezzine peuvent être commandées auprès de l’APIC.

AI dénonce la faillite du système carcéral brésilien: un enfer

Sao Paulo, 23 juin 1999 (APIC) Des milliers de prisonniers vivent au Brésil dans des conditions épouvantables, entassés dans des cellules infestées de vermines, sans sanitaires souvent, traités comme des sous-hommes. Dans un rapport intitulé «Brésil: les prisonniers victimes d’homicide, de torture et de mauvais traitement», Amnesty International (AI) tire à boulet rouge contre les conditions d’incarcération au pays de la samba et du football, et dénonce le système carcéral brésilien.

Entassés dans des cellules infestées, sans air ni lumière, les prisonniers risquent de contracter des maladies mortelles. Selon AI, les détenus vivent tous dans un état de terreur permanent, redoutant d’être agressés par d’autres «compagnons» de cellule ou d’être battus ou torturés par les gardiens de prison ou les policiers.

Quelque 170’000 détenus de droit commun sont aujourd’hui incarcérés au Brésil dans plus de 500 prisons et plusieurs milliers de postes de police et maisons d’arrêt municipales. Chaque année, dénonce AI, de très nombreuses personnes meurent en détention après avoir été victimes de la violence des policiers ou des gardiens de prison, privés de soins médicaux ou encore victimes de la négligence des autorités, qui s’abstiennent d’empêcher les actes de violence entre détenus. La plupart de ces décès en détention ne font l’objet d’aucune enquête pour établir les faits – consignés nulle part – et rechercher les coupables.

Les policiers ont fréquemment recours à la torture pour arracher des aveux, écrit encore AI. Les coups et les menaces servent également, dans les prisons et les postes de police, à dominer une population carcérale de plus en plus nombreuse. Dans beaucoup de prisons et de postes de police du pays, les cellules sont surpeuplées, infestées de vermine, et il n’existe aucun lieu ou les prisonniers peuvent prendre de l’exercice. Les installations sanitaires sont dans un état déplorable et constituent un risque pour la santé des détenus, avec des toilettes bouchées et des canalisations cassées.

Selon AI, au poste de police de Cariacica, dans l’Etat de l’Espirito Santo, 92 hommes étaient entassés dans une seule pièce, équipée en tout et pour tout de deux WC et de 16 couchettes. En raison de la surpopulation dans ces prisons qui menacent de tomber en ruine, des milliers de détenus et de prisonniers sont incarcérés dans les cellules de la police civile, où sont recensés de graves cas de passage à tabac et de torture. Au point de faire admettre à un représentant du gouvernement brésilien que «les prisons sont le purgatoire, mais les postes de police l’enfer». (apic/com/pr)

23 juin 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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