Le compromis accepté par Rome n’est pas remis en cause

Allemagne: Le Land de Hesse poursuit son soutien aux centres catholiques de consultation

Wiesbaden/Berlin/Hambourg, 28 juin 1999 (APIC) A l’instar des Länder démocrates-chrétiens de Bavière et du Bade-Wurtemberg, les autorités régionales de l’Etat de Hesse entendent poursuivre leur soutien financier aux centres catholiques de consultation pour femmes enceintes désirant avorter, malgré les modifications apportées par les évêques catholiques allemands.

Le gouvernement du Land ne va pas retirer sa reconnaissance aux conseillers catholiques travaillant dans le système étatique, a précisé lundi à Wiesbaden la Ministre des Affaires sociales de Hesse Marlies Mosiek-Urbahn. Même si désormais le certificat qu’ils émettront mentionne dans un additif que l’attestation – exigée par la législation allemande pour dépénaliser les interruptions de grossesse – ne peut «être utilisée pour procéder à une interruption de grossesse dépénalisée».

Conforme aux dispositions légales sur la dépénalisation de l’avortement

Pour la ministre démocrate-chrétienne, le point décisif du certificat de consultation est le fait qu’il atteste que la consultation a bel et bien eu lieu. Pour elle, la nouvelle façon de faire des consulteurs catholiques – modifiée conformément à la demande du pape et à la décision des évêques allemands – est conforme à la législation. Elle défendra cette position jeudi lors d’un entretien avec la ministre fédérale de la justice, la social-démocrate Herta Däubler-Gmelin.

Herta Däubler-Gmelin estime pour sa part que le certificat modifié permet tout comme auparavant de procéder à des avortements dépénalisés. Ce nouveau certificat n’a pour elle aucune conséquence juridique. Elle souhaite que les centres catholiques restent dans le système étatique, pour autant qu’ils s’en tiennent aux dispositions légales qui exigent que le résultat de la consultation reste ouvert. De son côté, Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande, a confirmé que «Rome est d’accord» avec la solution trouvée. Tant le nonce apostolique en Allemagne, Mgr Giovanni Lajolo, que le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano le lui ont fait personnellement savoir.

Sévère critique protestante

Mgr Wolfgang Huber, évêque évangélique de Berlin, a sévèrement critiqué lundi la décision des évêques catholiques allemands, estimant qu’ils reportent le poids du conflit rencontré par les femmes enceintes «sur des épaules plus faibles». Avec l’additif ajouté sur le certificat – précisant qu’il ne peut être utilisé pour un avortement dépénalisé -, on peut nier l’éventuel résultat de l’entretien. Ainsi, l’Eglise laisse les femmes seules face à cette contradiction et les médecins face à ce dilemme. On ne fait ainsi que reporter le problème et les responsabilités sur d’autres.

Mgr Huber estime qu’il s’agit, lors de la consultation, de faire montre d’une «solidarité crédible» avec les femmes enceintes vivant une situation de conflit. L’évêque luthérien reconnaît certes que le modèle allemand n’est pas idéal, mais il n’existe nul part en Europe un système de protection de la vie plus convaincant. Il remercie tout de même la Conférence épiscopale allemande pour avoir défendu avec ténacité le maintien de l’Eglise catholique dans le système de consultation. (apic/kna/be)

28 juin 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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