Le voyage du pape en Roumanie vu par Teofil Moldovan, prêtre orthodoxe
«Le dialogue est une obligation de conscience»
Bucarest/Madrid, 5 mai 1999 (APIC) Pour la première fois, un pape se rendra dans un pays à majorité orthodoxe. Jean Paul II se rendra en Roumanie du 7 au 9 mai, à Bucarest plus précisément, seule ville qu’il visitera, et où il arrivera vendredi en fin d’après-midi. Ce voyage est qualifié d’historique dans l’Eglise pour les relations œcuménique entre orthodoxes et catholiques.
Pour Teofil Moldovan, prêtre orthodoxe roumain, qui vit actuellement en Espagne, où Il enseigne dans les facultés de théologie de Madrid et de Salamanca, «le dialogue est une obligation de conscience. «A l’époque du communisme il était parfois manipulé par l’autorité qui était derrière. Il n’était peut-être pas toujours authentique et sincère. Mais maintenant, notre dialogue doit être un dialogue en tête à tête, de coeur à coeur.
«Il faut inviter tous les orthodoxes à mieux étudier l’ecclésiologie catholique et les catholiques à étudier l’ecclésiologie orthodoxe», préconise Teofil Moldovan. «Damaskinos, représentant du patriarcat de Constantinople, demandait que le pape redevienne ce qu’il était au premier millénaire, «Primus inter pares». D’un autre côté, les nouvelles générations d’orthodoxes qui ont eu la chance de se former dans des universités catholiques d’Europe, devant les réconciliations impossibles constatées depuis des années, estiment que la figure de l’évêque de Rome comme symbole d’unité des chrétiens, est nécessaire».
Le dialogue est comme un enfant qui mûrit peu à peu, dit-il. «Après des siècles de conflit, on ne peut pas s’attendre à des miracles. Il faut réparer le mal que l’on s’est fait mutuellement pendant neuf siècles».
Pour Teofil Moldavan, l’oecuménisme a trois dimensions: le dialogue intellectuel théologique, domaine des experts; l’oecuménisme spirituel de la prière; et l’oecuménisme pratique du peuple. «Ce dernier a montré sa force à Bâle en 1989 mais surtout à Graz en juin 1997, où l’on a vécu un authentique esprit de charité et de prière pour l’unité. Les représentants, hiérarques et théologiens ne peuvent pas continuer à agir comme avant: ils doivent écouter la voix du peuple, et dans ce cas, ’vox populi vox Dei’», estime en conclusion le Père Moldavan. (apic/zenit/pr)




