Évangile de dimanche: devenir «sel» et «lumière» du monde
Cette Parole vient juste après le Sermon sur la montagne avec ses neuf Béatitudes qui nous renvoient à ce que certains pourraient appeler le paradoxe de la foi, souvent si difficile à comprendre.
Il n’en n’est rien pourtant, nous le savons lorsque l’on fait l’expérience du cœur qui s’enrichit lorsqu’il se donne sans compter, pour ne citer que la première des Béatitudes…
«Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux». C’est là que se creusent les lieux dans nos existences pour accueillir et recevoir, pour donner et nous faire grandir en enfant de Dieu.
«Après ce grand moment sur la montagne, Jésus veut leur faire comprendre comment ouvrir un nouvel espace»
C’est là que se révèle le paradoxe de la Pâque qui, de la mort, ouvre à la vie. C’est là que les Paroles entendues aujourd’hui trouvent toute leur puissance. En effet, voilà que Jésus interpelle ses disciples, qui se trouvent parmi la foule et qui l’écoutent, en les désignant comme «sel» et «lumière» du monde…
Après ce grand moment sur la montagne où est proclamé le sens profond de la Bonne Nouvelle, lieu d’un Bonheur affirmé, Jésus précise maintenant ce qu’il veut leur faire comprendre comme pour ouvrir un nouvel espace et donner du désir: «vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde». Comment faire nôtre ses paroles?
«Jésus nous met en mouvement et nous demande de regarder devant»
Les mots sont simples mais puissants. Jésus s’adresse à chacun et chacune de nous: Comme «sel», c’est donner du goût à vivre, à espérer, à repartir, à partager, à donner du sens… Jésus nous met en mouvement et nous demande de regarder devant et non derrière…pour le suivre. Son chemin n’est pas celui du passé, mais d’un présent qu’il réalise avec nous.
Comme «lumière», pour moi, qui dit lumière, dit à l’autre que je rencontre pour faire un bout de chemin avec lui, «voit ce que l’on peut faire ensemble», non pas à cause de moi mais parce qu’au travers de ma vie aussi fragile soit-elle, la lumière te rejoindra. C’est ce que Paul nous rappelle: «…ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous» (2 Co 4, 7).
«Jésus est le Chemin: lieu de l’accomplissement de notre conversion…»
Mais, allons encore un peu plus loin dans cette Parole, pour que tout cela ne soit pas que des mots, il nous faut lire le verset 17, qui suit le passage que nous méditons. Jésus vient nous dire «je ne suis pas venu abolir, mais accomplir». Cela veut dire qu’il est le Chemin et que ce chemin est le lieu de l’accomplissement de notre conversion et que cette conversion nous révèle ce que nous sommes, «sel» et «lumière».
Il est venu pour accomplir en chacun de nous cette conversion qui est le lieu d’un combat. Ne l’oublions pas, ce combat est celui de Jacob avec l’ange (Gn 31, 25-29). Ce combat, ne le fuyons pas, car d’une manière mystérieuse, il inscrit en nous Sa présence et alors nous apprenons à devenir «sel» et «lumière» du monde…
Frère Michel Fontaine OP | Vendredi 6 février 2026
Mt 5, 13-16
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
comment lui rendre de la saveur ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.
Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.
Et l’on n’allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
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