Mgr Breis Pereira a décrété l'excommunication immédiate pour les catholiques assistant à une messe en latin non autorisée | Facebook / Arquidiocese de Maceió
International

Maceió: les catholiques assistant à la messe en latin non permise excommuniés

Dans une déclaration publiée le 11 février 2026 sur la page Facebook de l’archidiocèse de Maceió, à l’est du Brésil, Mgr Carlos Alberto Breis Pereira, a décrété que la participation à une «messe selon l’ancien rite dans un autre lieu [que le seul lieu et moment approuvés] sera considérée comme un acte de schisme public, entraînant l’excommunication automatique».

Le décret de Mgr Carlos Alberto Breis Pereira, archevêque de Macéió, est la mesure la plus ferme signalée jusqu’ici visant à faire respecter les normes de Traditionis custodes, rapporte le site The Pillar. Le motu proprio du pape François de 2021 avait retreint l’utilisation de la forme extraordinaire du rite – la messe en latin.

Une «concession»

Le décret de l’archevêque brésilien a rappelé aux catholiques locaux que s’ils souhaitent assister à une messe selon la forme extraordinaire du rite romain, ils peuvent le faire dans le lieu diocésain autorisé, la chapelle Saint-Vincent-de-Paul dans la ville de Maceió, où la messe est célébrée tous les dimanches. La déclaration décrit la liturgie autorisée comme une «concession» accordée par Mgr Breis Pereira «avec l’approbation du Saint-Siège», conformément aux dispositions de Traditiones custodis. «Cette liturgie n’est autorisée nulle part ailleurs, que ce soit dans un cadre religieux ou non, ni dans aucune association de droit civil», a insisté l’archevêque.

Peines supplémentaires pour les clercs

Dans le décret, Mgr Breis Pereira a noté que le canon 751 définit le schisme comme «le refus de se soumettre au Souverain Pontife ou de communier avec les membres de l’Église qui lui sont soumis», et que le canon 1364 §1 stipule qu’«un schismatique encourt une excommunication latae sententiae (immédiatement)». Le document précise également que, pour les clercs, des peines supplémentaires peuvent être appliquées en vertu des normes du canon 1336 §§2-4.

Alors que les spéculations sur les réseaux sociaux suggèrent que la mesure de l’archevêque a été prise en réponse à la présence dans l’archidiocèse de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), un groupe traditionaliste au statut canonique irrégulier, la déclaration ne fait mentionne pas la FSSPX et vise plutôt à s’appliquer à tous les catholiques qui assistent à des messes célébrées selon les anciennes rubriques liturgiques.

Les messes en latin totalement interdites

L’archidiocèse de Maceió a récemment mené une action épiscopale concertée contre la célébration de la forme extraordinaire du rite romain. À la suite de la publication du motu proprio Summorum Pontificum par le pape Benoît XVI en 2007, qui autorisait largement la célébration de la messe traditionnelle en latin, Mgr Antônio Muniz Fernandes, prédécesseur de l’actuel archevêque, aurait refusé d’appliquer le motu proprio et interdit toutes les messes en latin à Maceió.

En 2023, Mgr Muniz a lu un document pendant une messe décrétant qu’il était «définitivement interdit sur le territoire de l’archidiocèse de fréquenter ou d’inviter des prêtres hérétiques qui ne sont pas en communion avec l’Église et qui veulent suivre l’ancien rite… Ces messes, où qu’elles soient célébrées sur le territoire de l’archidiocèse, sont canoniquement interdites, comme le prescrit la loi».

«Quiconque a connaissance de la célébration de ces «messes tridentines» dans des paroisses qui ne sont pas en communion avec le pape ne mérite pas le nom de chrétien ou de catholique. Ils peuvent se dire traditionalistes (…) mais aucun d’entre eux n’a d’autorisation. Et les familles qui célèbrent ces messes dans leurs appartements sont également exclues de la communion avec notre Sainte Église catholique. Par conséquent, je le répète, toutes ces célébrations dites traditionalistes sont interdites sur le territoire de Maceió.»

Alors que de nombreux évêques ont imposé des restrictions plus strictes à la célébration de la forme extraordinaire après la promulgation de Traditionis Custodes en 2021, l’archidiocèse de Maceió semble être le premier cas où un évêque a déclaré que ceux qui assistent ou célèbrent une messe extraordinaire non autorisée sont schismatiques et encourent donc l’excommunication latae sententiae.

Des précédents

Certains diocèses ont déjà décrété l’excommunication pour participation à des messes célébrées par la FSSPX, comme le diocèse de Lincoln, bien que cette loi particulière ait été promulguée en rapport avec les sociétés interdites par le droit canonique, l’irrégularité de la FSSPX et le statut de ses dirigeants par rapport au Saint-Siège.

Le précédent le plus récent remonte à 1991, lorsque Mgr Joseph Ferrario, évêque du diocèse d’Honolulu, a excommunié six catholiques du diocèse qui avaient demandé à un évêque de la FSSPX illicitement consacré d’administrer le sacrement de confirmation.

La Congrégation pour la doctrine de la foi a toutefois réexaminé l’affaire un an plus tard et a conclu que cet événement ne constituait pas un crime canonique de schisme, rendant ainsi les excommunications invalides.

Des sources vaticanes ont déclaré à The Pillar qu’un recours contre la décision auprès du Dicastère pour les textes législatifs serait, s’il était formé, probablement examiné sous plusieurs angles: notamment les critères largement interprétés du décret en matière de schisme et l’étendue de l’autorité de l’évêque pour réglementer les liturgies célébrées dans les maisons religieuses. (cath.ch/thepillar/bh)

Mgr Breis Pereira a décrété l'excommunication immédiate pour les catholiques assistant à une messe en latin non autorisée | Facebook / Arquidiocese de Maceió
1 mars 2026 | 12:22
par Bernard Hallet
Temps de lecture : env. 4  min.
Partagez!