Elle ne doit pas se borner à prendre acte d’un non

Kosovo: Le Vatican invite l’Union européenne à se mobiliser

Rome 5 avril 1999 (APIC) «L’Europe est appelée à un sursaut de responsabilité», titre à sa une dimanche «L’Osservatore Romano». Parlant de «la double guerre qui ensanglante la Yougoslavie», à savoir «celle commencée la semaine dernière par l’OTAN et la guerre civile qui depuis plus d’un an bouleverse les malheureuses populations du Kosovo», le quotidien du Vatican invite à «demander que la négociation reprenne».

«Chercher des alternatives à la force ne signifie pas absoudre les responsables de tant de souffrances», précise le quotidien, «et encore moins laisser les mains libres à la férocité», mais demander que «les organismes que la Communauté des Nations s’est donnés pour trouver des solutions pacifiques» jouent leur rôle.

«Cette heure sombre invite l’ONU, l’OSCE et l’Union européenne à ne négliger aucun effort», poursuit le journal, pour qui «l’Europe, surtout, est appelée à un sursaut de responsabilité». Et de souligner que «les changements de cette fin de siècle et la fin du bipolarisme ne permettent pas de continuer à déléguer aux États-Unis la défense des intérêts communs».

Evoquant le refus de la proposition par Jean Paul II d’une trêve entre les deux dates de Pâques, celle des catholiques (4 avril) et celle des orthodoxes (11 avril), «L’Osservatore Romano» insiste sur le fait que «l’Europe ne peut se borner à prendre acte d’un non», encore faut-il «qu’elle se charge de son histoire et de ses devoirs, qu’elle cherche une contre-proposition, qu’elle rouvre une conférence».

Dénonçant une négligence, ces dernières années, alors qu’il aurait fallu des efforts pour «favoriser à tout prix le respect et la vie en commun entre les différentes traditions et cultures», le quotidien du Vatican assure qu’il n’est pas encore trop tard et que, «dans l’horreur des Balkans, l’Union européenne peut et doit reconnaître son passé pour éviter un avenir semblable».

En attendant, la diplomatie vaticane poursuit ses efforts au lendemain de la visite de Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire pour les rapports avec les Etats, chez le président Milosevic à Belgrade ce 1er avril. Le 3 avril, c’est le président du Conseil italien, Massimo d’Alema, qui s’est rendu au Vatican pour rencontrer le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’État du Saint-Siège, ainsi que Mgr Tauran, au sujet du conflit en Yougoslavie. Les interlocuteurs ont échangé leurs opinions sur le conflit et en particulier sur l’urgence des aides humanitaires et sur la manière de rétablir le dialogue. (apic/cip/imed)

5 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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