Débris de missile sur le toit du patriarcat grec-orthodoxe | © Police israélienne
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A Jérusalem, les lieux saints risquent de rester fermés pour Pâques

Depuis le début de la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran, les lieux saints des trois monothéismes à Jérusalem sont inaccessibles pour les croyants. Dans un communiqué publié le 21 mars 2026, la Custodie franciscaine de Terre Sainte à Jérusalem affirme qu’à l’heure actuelle, «il n’est pas possible de faire des prévisions concernant les célébrations de la Semaine Sainte».

Les musulmans ont été privés d’esplanade pour le Ramadan, qu’en sera-t-il pour les Pâques des juifs avec le Mur occidental et les chrétiens avec le Saint-Sépulcre, la basilique de la Résurrection, se demande Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef de Terre Sainte Magazine, la revue des franciscains de Terre Sainte.  

Débris de missile sur le toit du patriarcat grec-orthodoxe

Un débris de missile est tombé lundi 16 mars sur le toit du patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, à quelques mètres de la basilique du Saint-Sépulcre. Un autre projectile est tombé sur l’esplanade des Mosquées. Si les lieux saints ne sont pas délibérément visés par l’Iran, ils peuvent faire les frais, comme tout le territoire d’Israël et de la Palestine, de la chute de débris de missiles – parfois de tailles impressionnantes – tombant après leur interception, se demande Marie-Armelle Beaulieu.

Des débris de missile iraniens interceptés par la défense anti-aérienne israélienne sont notamment tombés sur le toit du patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, dans la Vieille-Ville de Jérusalem. Des impacts de missiles sont visibles près des lieux saints, car deux fortes explosions dans le ciel de Jérusalem vendredi 20 mars ont été suivies d’un impact dans la Vieille-Ville de Jérusalem.

Les sanctuaires des trois religions monothéistes fermés

Pour des raisons de sécurité, les autorités israéliennes ont fermé, depuis le début de la guerre, les lieux saints de la ville comme tous les lieux publics non essentiels. A quelques jours du début de la Semaine sainte, la question se pose de la célébration du triduum pascal si le Saint-Sépulcre demeure fermé. La basilique n’est pas le seul lieu saint dans ce cas, rapporte Terre Sainte Magazine. La décision de fermeture concerne les sanctuaires des trois religions monothéistes présents dans la Vieille-Ville. La police israélienne affirme agir pour protéger les fidèles, alors qu’Israël fait l’objet de bombardements sporadiques mais quotidiens. Les lieux saints resteront donc fermés «jusqu’à nouvel ordre».

Selon la tradition, l’église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem, a été construite sur le tombeau du Christ (Photo:Uzi Yachin/Flickr/CC BY-ND 2.0)

Cette fermeture est intervenue alors que les musulmans célébraient le mois de Ramadan. L’accès à l’esplanade des Mosquées a été fortement restreint et, le plus souvent, totalement interdit, en raison du maintien de l’état d’urgence.

Dans le même temps, les fêtes religieuses du printemps approchent. Pessah, la Pâque juive – une des trois fêtes de pèlerinage vers Jérusalem – se prépare (1er au 9 avril). Les célébrations chrétiennes de Pâques se profilent elles aussi, avec cette année un décalage d’une semaine entre les calendriers grégorien et julien.

Les processions de la Semaine sainte annulées ?

La célébration des Rameaux qui inaugure la Semaine sainte, cette année le 29 mars, est traditionnellement marquée à Jérusalem par une grande procession, qui part de Bethphagé – sur la pente orientale du mont des Oliviers – pour rejoindre la basilique Sainte-Anne dans la Vieille-Ville. Sa tenue est incertaine.

À ce jour, les consignes en vigueur spécifient que les rassemblements en extérieur ne peuvent pas réunir plus de 50 personnes. En présence de pèlerins du monde, cette procession peut réunir jusqu’à 15’000 personnes voire 20’000 les très grandes années. La situation dépend largement de l’évolution militaire. L’armée israélienne évoque encore plusieurs semaines d’opérations et les directives de l’organisme militaire chargé de la protection civile s’imposent aux institutions religieuses comme à tous les habitants.

La Custodie franciscaine de Terre Sainte, gardienne d’une grande partie des sanctuaires chrétiens et notamment du Saint-Sépulcre avec d’autres Églises, se conformera aux règles imposées par les autorités civiles et militaires pour la sécurité des fidèles et des communautés locales qui lui sont confiées.

Le Saint-Sépulcre déjà fermé lors de la guerre du Golfe en 1991

La fermeture du Saint-Sépulcre en temps de crise n’est pas inédite. À l’époque moderne, la basilique a déjà été fermée à plusieurs reprises lors de conflits ou de crises majeures. Le plus longtemps avait alors été durant la guerre du Golfe en 1991. Même lorsque les portes sont closes, la vie liturgique ne s’arrête pas. Les communautés religieuses présentes dans la basilique — Grecs-orthodoxes, catholiques représentés par les Franciscains de la Custodie et Arméniens apostoliques — continuent d’assurer l’intégralité des prières quotidiennes, avec aussi les Syriaques et les Coptes.

À ce stade, tout dépendra de l’évolution de la situation militaire dans les prochaines semaines. Beaucoup de choses peuvent encore changer avant le dimanche de Pâques, célébré cette année le 5 avril selon le calendrier grégorien. Si les restrictions se maintiennent, Jérusalem pourrait connaître, pour la cinquième fois depuis le Covid, des fêtes de Pâques presque sans la participation des fidèles dans les lieux saints, et avec les restrictions en vigueur dans les paroisses, note encore Terre Sainte Magazine. (cath.ch/tsm/be)

Débris de missile sur le toit du patriarcat grec-orthodoxe | © Police israélienne
22 mars 2026 | 09:48
par Jacques Berset
Temps de lecture : env. 4  min.
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