Depuis le printemps 2025, les futures agentes et futurs agents pastoraux sont évalués dans le cadre de la prévention contre les abus | © Scott Graham/Unsplash
Suisse

Les assessments conservés dans la plus stricte confidentialité

La Conférence des évêques suisses (CES) a publié, le 23 mars 2026, les ‘dispositions d’exécution’ concernant l’introduction de l’examen psychologique d’aptitude (assessment) des futurs agents pastoraux. Le document souligne le souci de confidentialité associé à la démarche.

Le 11 mars 2025, lors de sa 347e Assemblée ordinaire, la CES a adopté le Décret concernant l’introduction de l’examen psychologique d’aptitude (assessments) par les futurs agents pastoraux.

Les assessments ont été introduits en Suisse au printemps 2025 pour les futurs agentes et agents pastoraux à titre de mesure préventive contre les abus sexuels. La CES, dans un premier bilan, a estimé l’expérience positive et poursuivi sa mise en œuvre.

Dans le document publié le 23 mars, les évêques règlent les questions de mise en œuvre au moyen de dispositions d’exécutions appropriées. Ils précisent notamment de manière détaillée les procédures des examens. En particulier le fait que, à l’issue de l’assessment en plusieurs phases, l’instance désignée par l’évêque diocésain (recteur, régence ou comité) reçoit les rapports des trois experts (tests, entretien axé sur les compétences et entretien médico-légal) concernant le candidat ou la candidate.

Personnalité sondée

Les dispositions soulignent que l’ensemble des rapports est conservé par le recteur «dans la plus stricte confidentialité, dans un lieu sûr (si possible également sous forme numérique)». Seuls le recteur et l’évêque diocésain y ont accès.

Le Secrétariat général de la Conférence des évêques suisses tient un registre national des personnes ayant passé un assessment, quel qu’en soit le résultat. Ce registre contient exclusivement le nom du candidat/de la candidate, le lieu où l’assessment a eu lieu, la date ainsi que le nom du mandataire.

Avant le début de la formation professionnelle (c’est-à-dire durant l’année pastorale, voire l’introduction à l’activité pastorale), est-il précisé, le recteur présente les candidats et candidates au Conseil épiscopal ou à l’instance de la curie diocésaine chargée de statuer sur leur admission. Dans ce cadre, on sonde les traits de personnalité du candidat ou de la candidate qui sont pertinents pour un engagement dans la pastorale. «Il s’agit notamment d’examiner les traits de caractère, la capacité à travailler en équipe et à communiquer, la résistance au stress, les facteurs de risque et d’éventuelles limitations qui sont significatives pour l’activité pastorale.»

Assessment possible en cours de mission

Le texte de la CES aborde le cas d’agents pastoraux qui présenteraient au cours de leur activité pastorale «des comportements inhabituels qui indiquent de graves déficits au niveau des compétences de base, de la constitution psychique, de l’équilibre de caractère ou de la maturité affective». Dans une telle situation, les personnes concernées «peuvent être tenues par l’évêque diocésain, ou par celui-ci conjointement avec l’instance d’embauche, de se soumettre à une procédure ciblée, c’est-à-dire un assessment adapté à la situation». Après quoi, les responsables du personnel diocésains échangent avec la personne concernée au sujet du rapport de la procédure ciblée (le cas échéant, avec la participation de l’autorité d’embauche) et résument les résultats dans une attestation diocésaine d’évaluation. (cath.ch/com/arch/rz)

Depuis le printemps 2025, les futures agentes et futurs agents pastoraux sont évalués dans le cadre de la prévention contre les abus | © Scott Graham/Unsplash
23 mars 2026 | 14:34
par Raphaël Zbinden
Temps de lecture : env. 2  min.
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