Rome. «Le voyage du pape en Roumanie en début mai est important pour l’unité de l’Europe»

Les espoirs de l’ambassadeur de Roumanie près le Saint-Siège

Rome, 12 avril 1999 (APIC) «La période de l’après-guerre dans les Balkans devra compter sur le Vatican pour une redéfinition du projet européen, dans lequel le dialogue entre les religions deviendra un élément fondamental». C’est ce qu’affirme à Rome l’ambassadeur de Roumanie près le Saint-Siège, Teodor Bachonsky, à un mois de la visite de Jean-Paul II à Bucarest, prévue du 7 au 9 mai 1999.

Pour l’ambassadeur roumain, cette visite acquiert une importance particulière «du fait du drame qui se consume dans les Balkans. Tout l’Occident semble aujourd’hui se faire l’écho des Etats-Unis, explique-t-il. Le message du pape sera en mesure d’équilibrer cette influence, en montrant une partie d’Europe qui a su renaître et qui, à travers un processus vraiment démocratique, a su gérer ses conflits internes, tout à fait analogues à ceux ont ensanglanté et qui ensanglantent actuellement les Balkans».

«Au moment où nous voyons de nouveau une rupture en Europe, continue l’ambassadeur, je crois qu’il est important de créer un vrai climat de dialogue, qui soit aussi une source d’enrichissement réciproque». «Si les pays européens veulent chercher un accord solide, ajoute Teodor Baconski, celui-ci devra tenir compte aussi du patrimoine spirituel, ce qui signifie qu’il faut dépasser les incompréhensions et dialoguer».

Une image négative de la papauté

Pour l’ambassadeur de Roumanie, «l’Eglise orthodoxe jusqu’à présent, s’est sentie méconnue sur le plan des difficultés et des souffrances qu’elle a dû affronter sous le communisme. La venue de Jean Paul II en Roumanie pourra être «d’une aide énorme» pour remédier à cette méconnaissance. Par ailleurs, explique-t-il, «l’image de l’Eglise catholique dans les pays comme la Roumanie, est déformée par la force des choses, et il reste une mémoire historique dans laquelle est enracinée une image fortement négative de la papauté. Il est donc nécessaire maintenant de faire un effort de communication pour changer cette situation», conclut Teodor Baconski. «Je crois que l’arrivée du pape, qui pourra parler et se faire entendre directement, marquera un tournant dans la pensée sur l’oecuménisme».

La Roumanie, un pays chrétien d’origine latine.

De son côté, Mgr Teofan, responsable des Relations extérieures auprès du Patriarchat orthodoxe roumain, explique, dans une interview publiée samedi par le quotidien français «Le Figaro», qu’à l’occasion de cette visite de Jean Paul II à Bucarest, et de sa médiatisation, le monde découvrira un pays chrétien d’origine latine dont la tradition populaire témoigne à beaucoup d’égard de l’ancienne ’romanité’ qui est une des racines de l’âme européenne. (apic/imed/ba)

12 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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