«Dieu n’écoute pas la prière de ceux qui font la guerre», lance Léon XIV
Dieu «n’écoute pas la prière de ceux qui font la guerre», a déclaré le pape Léon XIV lors de l’homélie du 29 mars 2026, à l’occasion de la messe des Rameaux, premier temps de la Semaine Sainte. Le pape a souligné comment, pendant toute sa Passion, le Christ est «chargé de nos souffrances et transpercé pour nos fautes».
Au lendemain de son second voyage apostolique qui l’a conduit, le temps d’une journée, dans la Principauté de Monaco, le pape a célébré sur une place Saint-Pierre ensoleillée la première messe des Rameaux de son pontificat. Cette fête ouvre la Semaine Sainte, cœur de l’année liturgique pour les catholiques. Un an plus tôt, c’était au terme de celle-ci, au lendemain de Pâques, que s’était éteint le pape François, le 21 avril 2025.
À l’occasion de cette fête qui rappelle l’entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem, 120’000 rameaux d’olivier ainsi que des palmes avaient été distribués aux fidèles venus assister en nombre à la messe. Les rameaux ont été offerts par la région italienne d’Ombrie et une association de producteurs oléicoles et par le Chemin néocatéchuménal. Une centaine de fidèles, prêtres, évêques et cardinaux sont entrés en procession, portant les parmurelli, grandes palmes tressées à la main. Enfin, de grands rameaux avaient été représentés sur le parvis, rappelant ceux agités par la foule à l’arrivée du Christ.
Dans son homélie – qui est traditionnellement brève lors des Rameaux, pour compenser la longue lecture chantée du récit de la Passion de Jésus – le pape américain a invité à se mettre dans les «pas» de Jésus alors qu’il «parcourt le chemin de la croix». «Nous contemplons sa passion pour l’humanité, son cœur qui se brise, sa vie qui se fait un don d’amour», a-t-il souligné.
En arrivant à Jérusalem, le Christ «se présente comme le Roi de la paix, alors qu’autour de Lui la guerre se prépare», a affirmé Léon XIV. En effet, a-t-il expliqué, il «veut réconcilier le monde dans l’étreinte du Père et abattre les murs qui nous séparent de Dieu et de notre prochain».
Le pape a souligné comment, pendant toute sa Passion, le Christ est «chargé de nos souffrances et transpercé pour nos fautes». «Il n’a pas pris les armes, Il ne s’est pas défendu, Il n’a mené aucune guerre», a-t-il insisté, montrant le «doux visage de Dieu, qui refuse toujours la violence, et au lieu de se sauver lui-même […] s’est laissé clouer sur la croix».
«Un Dieu qui refuse la guerre»
De cette manière, a assuré Léon XIV, Jésus est venu «embrasser toutes les croix plantées à toutes les époques et en tous lieux dans l’histoire de l’humanité». «Voici notre Dieu: Jésus, Roi de la paix. Un Dieu qui refuse la guerre, que personne ne peut invoquer pour justifier la guerre, qui n’écoute pas la prière de ceux qui font la guerre», a-t-il expliqué.
Invitant à regarder le Christ sur la croix, le pape a enjoint de voir en lui tous «les crucifiés de l’humanité», les «blessures de tant de femmes et d’hommes d’aujourd’hui», et surtout à entendre «le gémissement de douleur de tous ceux qui sont opprimés par la violence et de toutes les victimes de la guerre». «Le Christ, Roi de la paix, s’écrie encore depuis sa croix: Dieu est amour! Ayez pitié! Déposez les armes, souvenez-vous que vous êtes frères!», a-t-il affirmé.
Le pape a conclu en citant les paroles du vénérable Mgr Tonino Bello (1935-1996), évêque italien de Molfetta très engagé auprès des pauvres, des toxicomanes et dans la promotion de la paix dans le monde: «Sainte Marie, femme du troisième jour, donne-nous la certitude que, malgré tout, la mort n’aura plus d’emprise sur nous. Que les injustices commises par les peuples ont leurs jours comptés […] Et que, enfin, les larmes de toutes les victimes de la violence et de la douleur seront bientôt séchées, comme le givre sous le soleil du printemps». (cath.ch/imedia/cd/bh)







