Rwanda: L’arrestation de l’évêque de Gikongoro vivement condamnée par le Vatican

«Acte d’une gravité extrême, relations profondément perturbées»

Rome, 15 avril 1999 (APIC) Le Vatican a fermement condamné jeudi l’arrestation par la police du Rwanda de l’évêque de Gikongoro, Mgr Augustin Misago, accusé de crime contre l’humanité et de participation au génocide de 1994. Le Saint-Siège a réagi officiellement, le 15 avril, en exprimant sa «douleur» et son «regret» à l’annonce de cette nouvelle. Usant d’un ton très ferme, plutôt inhabituel, le Vatican parle d’un acte «d’une gravité extrême», qui «perturbe profondément» les relations entre la République du Rwanda et le Saint-Siège.

Lorsqu’il a été arrêté, Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro, devait participer à une réunion de l’épiscopat convoqué à la suite des déclarations publiques du président de la République rwandaise, Pasteur Bizimungu, à l’occasion de la célébration du cinquième anniversaire du génocide, le 7 avril 1999, accusant l’Eglise locale – et en particulier Mgr Misago – d’avoir joué un rôle dans le génocide de 1994 contre les Tutsis et les Hutus modérés.

Un acte qui frappe l’Eglise toute entière

«L’arrestation d’un évêque est un acte d’extrême gravité qui frappe non seulement l’Eglise au Rwanda mais l’Eglise catholique toute entière», a affirmé le Saint-Siège, indiquant que «les relations entre la République du Rwanda et le Saint-Siège en sont profondément perturbées». Le Saint-Siège a exprimé par ailleurs le souhait que «toutes les garanties légales dans un climat de respect des personnes et des faits» soient assurées à l’évêque, et que «son innocence soit rapidement prouvée».

Par ailleurs, le Saint-Siège a souligné, en se référant à une communication de la Conférence épiscopale rwandaise publiée le 14 avril, que «comme déjà précédemment, Mgr Misago répondra à la justice pour que la vérité des faits soit établie». (apic/imed/be)

15 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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