Vitrail de la résurrection. dalle de verre de Yoki, à l'église Ste Thérèse, à Fribourg  | © Maurice Page
Suisse

«C’est bien lui, il est vivant !»

Soeur Marie-Paule, monastère de Colombey

Depuis une semaine, nous sentons que l’heure est grave, mais en même temps, porteuse d’une révélation inouïe, celle de l’amour de Dieu manifesté en Jésus.

A genoux, courbé, dans l’attitude de l’esclave, il lave les pieds de ses disciples. Ce geste insolite d’humble service dit qui est Dieu: le Père, source de l’amour; le Fils, le serviteur, l’Esprit qui les révèle.

«Les yeux enfin ouverts aux besoins de nos frères, nous seront poussés à devenir, comme Jésus, des contemplatifs qui agissent»

Mais pour comprendre le sens de cette prophétie, pour «savoir» comme Jésus «sait», il faut avoir vu le Seigneur élevé en croix, et commencé à agir comme lui-même a agi. Telle est la valeur d’une profondeur insoupçonnée d’un geste apparemment banal. Inspiré par l’amour, le moindre service du prochain prend une dimension extraordinaire: il préfigure le sacrifice total auquel chacun doit être prêt, la communion plénière vers laquelle il faut tendre. Une condition, cependant: que nous acceptions un Christ serviteur jusqu’à souffrir la Passion en nous laissant éveiller ainsi à un authentique esprit de pauvreté. Alors, le dévoilement de la compassion du Père nous amène à comprendre aussi le sens du sacrifice de son Fils. Les yeux enfin ouverts aux besoins de nos frères, nous seront poussés à devenir, comme Jésus, des contemplatifs qui agissent.

«La résurrection n’a pas besoin de preuve car elle relève du domaine des signes et du mystère»

J’ai été bouleversée, cette semaine en lisant le témoignage du Père Romanelli, curé de la paroisse de Gaza qui disait: «Ma mission est de préserver la présence eucharistique de notre Seigneur: physiquement dans mon église et spirituellement dans le cœur des chrétiens.» Coûte que coûte, il reste, dans des conditions objectivement dangereuses, qui relèvent de la survie, à cause de la figure de Jésus et dont il se revendique le disciple. Et lui de continuer: «Notre communauté reçoit une grâce particulière: elle n’est pas ravagée par la haine.»

Ne serait-ce pas ce signe en creux que seuls les croyants peuvent percevoir? Personne n’est témoin de la résurrection. Le tombeau vide suggère le mystère et il est le seul qui fasse l’unanimité. Ce constat négatif ne prouve rien : la résurrection n’a pas besoin de preuve car elle relève du domaine des signes et du mystère. La foi serait-elle encore la foi si elle sanctionnait des évidences?

La foi pascale naît d’un doute surmonté, elle est un perpétuel acte de liberté qui fait dire : «c’est bien lui, il est vivant !»

Vitrail de la résurrection. dalle de verre de Yoki, à l'église Ste Thérèse, à Fribourg | © Maurice Page
5 avril 2026 | 06:00
par Rédaction
Temps de lecture : env. 2  min.
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