Homélie de Pâques 5 avril 2026 (Jn 20, 1-9)
Père Philippe M. Schönenberger – Eglise Sainte-Claire, Carouge, GE
Chers amis,
En ce jour de Pâques, j’ai une excellente nouvelle à vous annoncer : j’ai l’impression que vous ressemblez tous un peu à saint Jean.
En effet, quand l’Apôtre Jean entre dans le tombeau, il voit et il croit. Qu’est-ce qu’il voit ? Pas grand chose, en réalité : comme saint Pierre juste avant lui, l’Apôtre Jean constate que les linges utilisés pour l’ensevelissement de Jésus sont posés à plat et que le suaire qui avait entouré la tête du Christ est roulé à part. Le tombeau est vide. Jésus n’est pas là.
Pourtant, immédiatement, sur la base de ces indices, saint Jean comprend que le Christ est vainqueur de la mort, qu’il est ressuscité !
Vous, dans quelques instants, vous verrez des hosties et une coupe remplie de vin et, comme saint Jean, cela vous suffira pour comprendre, pour croire en la présence de Jésus au milieu de nous.
Vous croyez parce que vous savez que Jésus est digne de confiance
Comment pouvez-vous affirmer que l’Eucharistie, ce n’est pas, ou plutôt que ce n’est plus du pain ou du vin ? Parce que vous croyez que tout ce que dit Jésus est vrai et se réalise. Parce que vous croyez que le Christ a institué le sacerdoce pour perpétuer sa présence dans le monde. Parce que vous savez que Jésus est digne de confiance. Donc, à travers les paroles que je prononcerai au moment de la consécration, le Christ va se rendre présent au milieu de nous. Véritablement, concrètement.
Comme saint Jean, vous croyez sur la base de ce que vous voyez et de ce que Jésus nous a dit.
Seigneur augmente en moi le désir de te rencontrer
Cependant, en cette fête de Pâques, je crois qu’il y a une prière qui devrait monter de nos cœurs :
Seigneur Jésus, augmente en moi la Foi, augmente en moi le désir de te rencontrer, remplis mon cœur de ton amour.
Je suis extrêmement touché de l’attitude des Apôtres Pierre et Jean. Quand sainte Marie-Madeleine vient leur dire que le corps de Jésus a disparu, ils courent tous les deux au tombeau. Il faut retrouver le Christ. Ils ne peuvent pas perdre une minute, ni même une seconde. Leur amour de Jésus est si grand, qu’ils doivent le retrouver. Tout de suite. Immédiatement.
Je crains que cela ne soit pas toujours notre manière de vivre. Nous devrions être beaucoup plus fervents. Que faut-il donc faire pour que Jésus soit chaque jour davantage au centre de notre cœur ?
Un jour, un de mes amis, curé en Valais, a rencontré une de ses paroissiennes dans les rues de son village. Il lui demanda : « Où allez-vous ? » Elle lui répondit : « Je me rends dans le lieu de pèlerinage le plus délaissé que je connaisse. » « Ah oui, répliqua le curé, où donc ? » Alors la dame lui dit : « Notre église paroissiale ».
Chez nous, en Suisse, il est presque impossible de sortir de nos maisons sans passer devant une église. Il y en a partout, le plus souvent à quelques centaines de mètres de l’endroit où nous habitons. Prenons le temps de saluer Jésus chaque fois que nous passons devant une église. Mieux encore : chaque fois que cela est possible, entrons dans les églises qui se trouvent sur notre chemin pour saluer le Christ.
Vous le savez tous par expérience : les amitiés se cultivent. Si nous ne prenons jamais la peine d’aller à la rencontre de nos amis, de leur parler ou de leur écrire des messages, petit à petit, nous allons les oublier. Ils vont disparaître de notre vie.
Il ne faut pas que nous nous éloignions de Jésus. Que saint Pierre et saint Jean nous donnent la grâce de les imiter ; de tout faire pour aller à la rencontre du Christ ; de tout faire pour le retrouver, si nous avons l’impression qu’il a disparu de notre vie.
Ici, à Genève, il m’arrive fréquemment de passer devant l’église orthodoxe russe, à l’entrée de la Vieille-Ville et, à chaque fois, je suis émerveillé de l’attitude des fidèles. Quand ils sortent de l’église, la plupart se retournent encore à l’extérieur, devant la porte, pour saluer notre Seigneur Dieu. Certains s’arrêtent même une deuxième fois dans la rue, s’inclinent profondément et font le signe de la Croix. Quant à nous, malheureusement, il n’est pas rare que nos pensées soient déjà loin du Christ quand nous passons le pas de la porte de nos églises.
C’est d’ailleurs étonnant. Comment se fait-il que nous puissions si facilement oublier Jésus ?
Demandons la grâce de la fidélité, comme Marie-Madeleine
Saint François d’Assise le disait déjà il y a 800 ans : l’amour n’est pas aimé. Notre relation à Jésus est souvent très superficielle. Du coup, nous somme inconstants. Il suffit de quelques épreuves, d’une maladie ou d’un coup dur pour que nous abandonnions le Christ.
Demandons donc à sainte Marie-Madeleine la grâce de la fidélité. Quand le Christ meurt sur la Croix, sainte Marie-Madeleine est bouleversée. Jésus avait donné sens à sa vie ; grâce à lui, elle avait complètement changé son échelle de valeurs : Marie-Madeleine avait commencé à mettre l’amour et le respect de Dieu au sommet de ses préoccupations. Tout s’est écroulé. Tout semble inutile. Cependant, malgré tout, sainte Marie-Madeleine reste fidèle jusqu’au bout. Elle est présente au pied de la Croix au moment de la mort de Jésus. Elle veut encore lui rendre hommage en se rendant auprès de sa dépouille mortelle le matin de Pâques. Malgré les épreuves, malgré son immense déception, sainte Marie-Madeleine n’a jamais abandonné Jésus.
En ce matin de Pâques, que sainte Marie-Madeleine nous aide à vivre dans la fidélité, même quand nous avons l’impression que Jésus nous a abandonnés ; ou plutôt, que sainte Marie-Madeleine nous fasse comprendre que Jésus ne nous oublie jamais, qu’il est toujours auprès de nous, même quand nous ne sentons pas sa présence.
Vous êtes Chrétiens. Vous êtes donc appelés à être des témoins de Jésus, des témoins de sa Résurrection. Qu’en ce jour de Pâques, le Christ nous donne la grâce de grandir dans son amour, de tout faire pour aller à sa rencontre et de lui être toujours fidèles, contre vents et marées.
Jésus est ressuscité. Il est notre vie. Allons annoncer à tous nos frères et sœurs en humanité notre joie de connaître le Christ.
Messe de Pâques
Lectures bibliques : Actes 10, 34-43; Psaume 117; Colossiens 3, 1-4; Jean 20, 1-9
Les droits de l’ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d’image sur quelque support que ce soit est payante. L’enregistrement dans d’autres bases de données est interdit.





