Au Moyen-Orient, le temps de Pâques a été vécu dans la peur et le deuil
Les célébrations de Pâques se sont déroulées dans un climat de fortes tensions et d’insécurité – quand ce n’est pas directement sous les obus – pour les chrétiens de Terre sainte et de Gaza, du Liban et de Syrie, d’Irak, d’Iran et des pays du Golfe.
Les guerres au Moyen-Orient affectent tous les chrétiens de la région. Dans son message de Pâques, Frère Francesco Ielpo, custode de Terre Sainte, a déclaré: «Dans un contexte empreint de blessures et de souffrances, nous sommes invités à percevoir la résurrection du Christ non comme un simple événement du passé, mais comme une réalité qui nous rejoint aujourd’hui, dans notre quotidien.»
«Le jugement du monde affirme que ce qui compte, c’est d’être fort, puissant, victorieux; le jugement de Dieu révèle, au contraire, que la véritable force se trouve dans le don de soi, dans la capacité d’aimer jusqu’au bout, dans le sacrifice pour un bien plus grand», a-t-il encore annoncé.
Silence et pleurs en Terre sainte et au Liban
Dans la Vieille Ville de Jérusalem, les rues affichaient un silence inhabituel dimanche de Pâques. Aux abords de la basilique du Saint-Sépulcre – dont l’accès avait été interdit au patriarche de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, une semaine plus tôt, pour la fête des Rameaux – des barrages de la police israélienne empêchaient les fidèles de passer, pour des questions de sécurité. Seuls quelques personnes ont pu les franchir.
À Tyr, au Sud-Liban, les chrétiens ont célébré Pâques dans une cité largement désertée, sous la menace constante d’une offensive israélienne. Le convoi humanitaire annoncé pour le dimanche de Pâques, 5 avril 2026, par le nonce apostolique, Mgr Paolo Borgia, dans le sud du pays, a dû être annulé pour des raisons de sécurité, Israël pilonnant toujours la région. L’Œuvre d’Orient, Caritas Liban et le Patriarcat maronite devaient accompagner l’envoyé du Saint-Siège.
Se disant «triste et déçu», le Père Hugues de Woillemont, directeur de l’Œuvre d’Orient, a déclaré au journal La Croix mesurer «ce que représente l’absence de visite le jour de Pâques pour les habitants sur place». «Il est important de dire aux chrétiens de là-bas qu’on ne les oublie pas», a-t-il encore ajouté. «Les projecteurs de l’opinion internationale doivent rester braqués sur la situation de ces villages.»
À Beyrouth même, dans la banlieue sud, les célébrations de la semaine de Pâques ont eu lieu sous la menace des bombardements. Dimanche, Israël a intensifié ses bombardements sur la banlieue sud ainsi que sur la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban a fait cinq morts. Lors de la messe de dimanche de Pâques, à Bkerké, siège du patriarcat maronite plus au nord de Beyrouth, le président libanais Joseph Aoun a prôné des négociations directes avec Israël pour éviter que le sud du Liban ne devienne un «nouveau Gaza».
À Dubai et en Syrie
À Dubaï, des messes ont été annulées depuis le vendredi 3 avril , suite aux directives du gouvernement. L’Église Sainte-Marie a même décidé de fermer complètement ses portes, et les fidèles ont été invités à suivre les célébrations en ligne.
En Syrie, les autorités chrétiennes – catholique, orthodoxe, grecque orthodoxe et syriaque orthodoxe – ont décidé d’annuler les festivités de Pâques dans l’espace public. Toutes les célébrations ont eu lieu à l’intérieur des églises, et non à l’extérieur comme c’est le cas habituellement. Cette décision a fait suite à des violences entre chrétiens et musulmans, le 28 mars 2026, à Suqaylabiyah, une ville syrienne à majorité chrétienne. (cath.ch/LaCroix/lb)





