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Indonésie: Le cardinal archevêque de Jakarta lance un appel à la réconciliation

Des conflits sociaux vers une confrontation religieuse ?

Jakarta, 22 avril 1999 (APIC) Le cardinal indonésien Julius Ryiadi Darmaatmadja, archevêque de Jakarta, a lancé un vibrant appel à la réconciliation et à l’unité nationale. «Consterné» par l’incendie d’une église catholique par des fondamentalistes musulmans, il a exhorté ses fidèles à ne pas céder à la tentation de la vengeance. Une foule de musulmans en colère s’en est pris à une église à Ujung Pandang, à l’est du pays, après un attentat à la bombe contre la grande mosquée de Jakarta.

Les observateurs craignent cependant qu’en Indonésie, le plus grand pays musulman du monde – qui passe pour très tolérant -, des conflits aux origines sociales et politiques ne dégénèrent en affrontements religieux généralisés. Les lieux de culte sont en effet devenus fréquemment la cible d’attentats perpétrés par des groupes extrémistes.

Non à la vengeance, oui à la réconciliation

«Nous sommes profondément attristés pour tous ceux qui ont été blessés et nous espérons que les autorités arrêteront les coupables et prendront des mesures sévères pour éviter de nouvelles barbaries», a déclaré mercredi l’archevêque de Jakarta. Le cardinal, pardonnant aux agresseurs, a demandé à la population catholique de maintenir le calme et de ne pas chercher à se venger mais plutôt de poursuivre les efforts de réconciliation.

L’attaque au cocktail Molotov contre un complexe religieux catholique a fait lundi soir sept blessés, tandis que l’église, la résidence des séminaristes, des salles de réunion et un jardin d’enfants ont été incendiés. Treize séminaristes, trois religieuses et des enfants ont tout perdu. La paroisse a été prise pour cible bien que le gouvernement indonésien lui-même ait accusé l’opposition d’avoir commis l’attentat de lundi contre la mosquée Al-Istiqlal, qui a fait plus d’une dizaine de blessés.

Des émeutes à 1’400 km de distance

Immédiatement après une information de la télévision locale sur l’explosion à la mosquée de Jakarta, une foule d’un millier d’émeutiers s’en sont pris aux bâtiments d’une paroisse de la ville d’Ujung Pandang, dans la région de Sulawesi Sud, à quelque 1’400 km à l’est de la capitale indonésienne. La même église avait déjà été incendiée au début de l’année lors de troubles.

Le gouvernement et les leaders religieux ont lancé un appel au calme et mis en garde contre une tentative de créer des conflits religieux et ethniques. Un porte parole de la mosquée Al-Istiqlal a souligné que l’attentat était une tentative perpétrée par un groupe inconnu pour semer la discorde entre les diverses communautés religieuses du pays. L’Eglise catholique a qualifié cette attaque d’»acte irresponsable, qu’il ait un motif criminel ou politique».

A Jakarta, des forces de police ont été déployées aux alentours de la grande cathédrale près de la mosquée Al-Istiqlal, la plus grande de toute l’Asie du Sud-Est, et des troupes protègent une autre église. Durant les derniers mois, dans diverses régions d’Indonésie, des centaines de personnes ont perdu la vie dans des troubles qualifiés de «religieux» opposant des membres de la majorité musulmane à la communauté chrétienne. (apic/aci/bbc/be)

22 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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