Rome: Plus de 500’000 personnes attendues dimanche pour la béatification de Padre Pio
Rome, 27 avril 1999 (APIC) La ville de Rome s’apprête à recevoir près d’un demi-million de personnes venus des cinq continents, les 1er et 2 mai prochain, à l’occasion de la béatification de Padre Pio. Un mois avant l’événement, on parlait même d’un million de pèlerins, mais beaucoup d’entre eux ont été dissuadés de venir à Rome ce jour-là par les organisateurs de la cérémonie eux-mêmes.
Seules 150’000 personnes environ pourront assister à la célébration sur la Place Saint-Pierre et sur la Place Pie XII qui la prolonge. 200’000 autres pourront se rassembler pendant ce temps devant la basilique romaine de Saint Jean de Latran, où ils suivront la cérémonie sur des écrans géants, avant que le pape ne les rejoigne à midi pour réciter la prière de l’Angelus.
Les autres milliers de fidèles de Padre Pio devront donc rester à l’écart dans la matinée du dimanche 2 mai. A Rome, cette béatification est considérée comme un test de la capacité de la ville à recevoir des foules qui représenteront l’affluence moyenne de l’un des 40 événements religieux de l’Année 2000. Les écoles romaines seront fermées le 3 mai, pour éviter des encombrements trop importants le soir de la béatification.
En attendant, certains critiquent le «business» qui s’est créé autour du Padre Pio à travers l’abondance des souvenirs sur lesquels figure son effigie. Interrogé à ce sujet dans le dernier numéro de l’hebdomadaire italien «Liberal», l’écrivain et journaliste italien Vittorio Messori qualifie ce «business» d’»irritant», mais affirme ne pas trop se «scandaliser», parce que «si les étalagistes font penser aux marchands du temple, ils ne font que répondre à une demande», les pèlerins recherchant des souvenirs qui témoignent de l’importance pour eux de cette béatification. Ils voient chez Padre Pio un «reflet de Dieu», continue Vittorio Messori, «comme cela devrait arriver avec tous les prêtres».
104 volumes et 7’000 pages
Né le 25 mai 1887 à Pietrelcina, dans l’archidiocèse de Bénévent, en Campanie, le jeune Francisco Forgione entre à l’âge de 16 ans au noviciat des Frères mineurs capucins de Morcone, dans la même région, où il prend le nom de Frère Pio. En 1907, il prononce ses voeux perpétuels, et est ordonné prêtre en 1910. Six ans après, il est envoyé chez les Frères de San Giovanni Rotondo, dans les Pouilles, où il restera jusqu’à sa mort, le 23 septembre 1968, à l’âge de 81 ans, centrant son ministère sur la direction spirituelle, la confession et la célébration de la Messe.
En 1918, le capucin «reçoit» les stigmates, cinq plaies qui resteront ouvertes et sanglantes pendant 50 ans. Son rayonnement attire de plus en plus de monde, et un grand nombre de fidèles témoignent de miracles obtenus par son intercession, au point qu’en 1931, il lui est demandé d’arrêter tout ministère public.
Le procès sera ouvert officiellement en 1983. En 1989, toute la documentation à son sujet est rassemblée en 104 volumes, et son procès diocésain est conclu en 1990. Sa cause est alors portée à la Congrégation pour les causes des saints, qui émet un décret sur sa validité.
De 1991 à 1996 les 104 volumes du procès diocésain sont réduits à 4 volumes en 6 tomes, pour un total d’environ 7’000 pages. En 1997, est reconnue «l’héroïcité des vertus» de Padre Pio, qui reçoit le titre de «vénérable».
En janvier 1998 commence, auprès de la Congrégation pour les causes des saints, l’étude d’une guérison dite miraculeuse, celle de Consiglia De Martino, italienne guérie en 1995 d’une «rupture traumatique dans le cou du conduit thoracique». Le «décret sur le miracle» attribué à l’intercession de Padre Pio sera promulgué le 21 décembre 1998 au Vatican en présence de Jean Paul II. (apic/imed/pr)




