Les pays des Caraïbes ont droit à un traitement préférentiel
Caraïbes: Les évêques catholiques entrent dans la guerre de la banane
Trinidad,
(APIC) Les évêques catholiques des Caraïbes ont décidé d’entrer dans la guerre de la banane. Ils se sont adressés par lettre à leurs confrères américains et espèrent de leur part une intervention auprès du Congrès.
Les pays des Caraïbes dont l’économie dépend en grande partie de la banane ont le droit de bénéficier d’un traitement préférentiel, estiment les évêques. Or les Etats-Unis s’opposent vigoureusement à tout espèce de privilège accordé par l’Union européenne aux bananes des pays ACP (Afrique, Pacifique Caraïbes) par rapport aux «bananes dollars» produites en Amérique centrale par les multinationales américaines.
Les Etats Unis suivis d’autres pays de la région menacent les Européens de mesures de rétorsion en imposant de lourds droits de douane sur les produits d’exportation européens. Début avril les Américains ont reçu l’appui de l’organisation mondiale du commerce (OMC). La Commission européenne a jusqu’à fin mai pour proposer des modifications de ses règles du marché de la banane.
La bataille des multinationales
De fait, les Etats-Unis ne produisent eux-mêmes pas de bananes. Quel que soit le régime d’importation de l’Europe des Quinze, l’économie américaine n’est donc pas directement concernée par ce conflit. Mais il s’agit de ’bananes dollars’ et plus précisément, des intérêts de deux ou trois grandes sociétés américaines qui contrôlent la production des pays d’Amérique centrale.
De leur côté, plusieurs pays européens sont des producteurs de bananes. C’est notamment le cas de la France avec ses départements d’Outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Réunion). C’est également le cas de l’Espagne (îles Canaries) du Portugal (Madère) et de la Grèce (Crète). 857’000 tonnes de bananes en provenance de ces îles ont été consommées par les Européens en 1997 sur un total de 4 millions de tonnes. Dans la mesure où il s’agit de productions communautaires, ces bananes entrent sans droits de douane dans tous les pays de l’Union européenne.
Les pays d’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes (ACP), signataires de l’accord de Lomé avec l’Union européenne, disposent également d’un contingent annuel de 857’000 tonnes de bananes exportables en Europe sans droits de douane. Il reste donc pour les ’bananes dollars’ un contingent d’environ 2,5 millions de tonnes pouvant entrer en Europe avec un prélèvement douanier limité Les importations au-delà de ces contingents sont soumises à des droits de douane prohibitifs tant pour les bananes ACP que pour celles des pays tiers.
Les Etats-Unis contestent l’idée que le règlement de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) puisse permettre des contingents d’importation à droits nuls pour les pays ACP. (apic/kna/mp)




