Grosse inquiétude des oeuvres d’entraide

Suisse: Scrutin fédéral sur le droit d’asile

Berne, 30 avril 1999 (APIC) La rencontre a suscité peu d’intérêt: moins de 20 personnes se sont rendues le 26 avril à Berne, à la réunion d’information du secrétariat à la migration de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) à propos du projet de loi sur l’asile soumis à votation le 13 juin prochain. Le thème est pourtant d’une actualité brûlante. La révision de la loi sur l’asile et l’arrêté fédéral urgent ont avant tout pour but de réduire le nombre des demandeurs d’asile, estiment les participants à la réunion.

A l’occasion de cette rencontre, les représentants des oeuvres d’entraide ont confirmé que, malgré les déclarations du Conseil fédéral, il n’est pas encore question d’une politique d’accueil généreuse envers les réfugiés kosovars. Au contraire, les conditions d’octroi du visa se sont durcies, malgré la détresse des exilés et le fait que leurs compatriotes en Suisse se disent prêts à les accueillir. Yves Brutsch, collaborateur du Centre social protestant (CSP) de Genève, a en outre mis en lumière le problème des statistiques officielles sur les réfugiés, qu’il estime «fortement déformées».

La révision de la loi sur l’asile et l’arrêté fédéral urgent ne vont pas dans le sens de l’ouverture, ajoutent les collaborateurs de la FEPS. C’est ainsi que si l’arrêté est accepté en votation, les demandeurs d’asile dépourvus de papiers d’identité ne seront plus admis. Le projet est «intolérable», estiment les organismes d’entraide, ainsi que le démontre la situation au Kosovo, où les Serbes confisquent leurs papiers d’identité aux populations en fuite. Même si l’arrêté contient des garanties juridiques, des réfugiés traumatisés ne pourront en faire usage que dans de très rares cas. Ces réfugiés ne sont pas à même de présenter immédiatement et en détail leurs terribles expériences (des viols, par exemple) ou de satisfaire aux exigences de la procédure dans un pays étranger.

La révision de la loi sur l’asile et l’arrêté fédéral urgent, aux yeux des participants à cette réunion d’information, «affecteront surtout les plus faibles parmi les demandeurs d’asile». C’est une des raisons pour lesquelles le Conseil de la FEPS a refusé les deux projets, comme l’a expliqué Hildegard Hungerbühler, secrétaire de la FEPS à la migration. Jean-Claude Huot, secrétaire de l’organisation catholique Justice et Paix, dans une analyse faite d’un point de vue éthique, a également défendu le droit à l’asile et critiqué le projet soumis au vote. Quant au théologien Pierre Bühler, directeur de l’Institut d’herméneutique à l’Université de Zurich, il a présenté dans un bref document les arguments théologiques en faveur d’une pratique libérale de l’asile: il s’agit de découvrir une perspective libératrice dans la foi chrétienne, une identité chrétienne en tant qu’identité ouverte et accueillante. (apic/spp/pr)

30 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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