Un théologien de gros calibre, ouvert à l’œcuménisme
Allemagne: Mgr Walter Kasper appelé à de hautes fonctions au Vatican
Rottenburg, 14 mars 1999 (APIC) L’évêque allemand Walter Kasper, depuis dix ans à la tête du diocèse de Rottenburg-Stuttgart, dans le Sud de l’Allemagne, a été appelé à de hautes fonctions à Rome au sein du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Mgr Kasper, âgé de 66 ans, a confirmé ce week-end les informations parues dans la presse allemande, en soulignant qu’il n’avait pas encore reçu officiellement sa nomination.
Mgr Kasper a précisé qu’il avait d’abord refusé, mais fini par accéder à la demande du pape après divers entretiens, notamment avec le nonce apostolique en Allemagne. Le pape avait depuis longtemps sollicité pour un poste à la curie romaine le célèbre dogmaticien qu’il apprécie. A l’époque où il était théologien à l’Université de Tübingen, Walter Kasper a fait en effet partie du cercle des scientifiques que le pape avait l’habitude d’inviter l’été pour des colloques dans sa résidence de Castelgandolfo. En 1985 déjà, il le nommait secrétaire du Synode extraordinaire des évêques vingt ans après Vatican II. Auparavant, le dogmaticien avait été chargé par la Conférence épiscopale allemande, comme auteur principal, de rédiger un «catéchisme catholique des adultes».
Un des dogmaticiens les plus doués de sa génération
Consulteur du Secrétariat pour l’Unité des chrétiens, Mgr Kasper s’est très vite révélé en Allemagne et à l’étranger comme l’un des dogmaticiens les plus doués de sa génération. Parmi ses principaux ouvrages, citons «Jésus le Christ», une «Introduction à la foi» et «Le Dieu de Jésus Christ». Walter Kasper n’a jamais caché que la théologie ne devait pas se faire en opposition avec l’Eglise, mais seulement et toujours en concordance avec elle. Il n’est pourtant pas d’avis que la théologie doive seulement servir «de soutien au magistère»: «Le théologien n’est pas l’homme de main du magistère, mais son interprète». Walter Kasper s’est par contre distancé de la «Déclaration de Cologne», signée en 1989 par 163 théologiens de langue allemande critiquant notamment le gouvernement central de l’Eglise. Il y a trois ans, Mgr Kasper offrait sa médiation dans le conflit qui oppose le théologien suisse Hans Küng au magistère romain. En septembre 1993, il se profile avec ses confrères du sud-ouest de l’Allemagne – Mgr Oskar Saier, évêque de Fribourg-en-Brisgau, et Mgr Karl Lehmann, évêque de Mayence – en publiant une lettre pastorale sur les divorcés-remariés qui n’est pas passée inaperçue à Rome.
Les trois évêques étaient partisans de permettre, dans des circonstances bien précises, l’accès à la communion eucharistique à certains divorcés remariés qui en feraient la demande en toute conscience. Les évêques du sud-ouest de l’Allemagne ne voulaient certes pas remettre en cause l’indissolubilité du mariage, mais proposaient seulement des ouvertures basées sur une décision de conscience des personnes concernées, sans que cela implique toutefois une autorisation officielle et générale. Un an plus tard, Rome répondait à ces propositions par un «niet» sec et sonnant.
Très tôt engagé dans le dialogue œcuménique, Walter Kasper fut coprésident de la Commission de dialogue entre catholiques et luthériens, et il pourrait ainsi jouer un rôle important dans le cadre de la ratification de la déclaration commune sur la doctrine de la justification.
Membre de la Conférence épiscopale allemande, il y occupe le poste de «ministre des Affaires étrangères» en tant que président de la Commission «Eglise universelle». Il participe à la rédaction de toutes les déclarations importantes de l’Eglise allemande de ces dernières années, que ce soit la déclaration commune des Eglises sur la situation économique et sociale ou la déclaration sur l’enseignement religieux. Malgré son occupation comme évêque diocésain, il trouve encore le temps d’écrire des ouvrages théologiques et de voyager à travers le monde. Il profite de l’occasion pour donner des conférences aux futurs prêtres dans les séminaires et il est souvent l’hôte des Universités à Rome ou aux Etats-Unis. Le pape l’a nommé l’an dernier membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi et du Conseil pontifical de la culture . (apic/kna/be)




