Le prince prône la séparation Eglise-Etat

Liechtenstein: Un an après la création de l’archidiocèse de Vaduz

Vaduz,

(APIC) Le prince Hans-Adam II du Liechtenstein se déclare pour une séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans un discours au parlement mercredi, le souverain a souhaité la mise sur pied rapide d’une commission chargée de faire des propositions pour le renouvellement des rapports Eglise-Etat. Le prince est cependant opposé à l’idée d’un concordat entre le Saint-Siège et le Liechtenstein.

Par sa décision de créer en 1997 l’archidiocèse de Vaduz pour y placer Mgr Wolfgang Haas, le très contesté évêque de Coire, sans consultation préalable des autorités civiles, le Vatican avait suscité de vifs remous dans la Principauté. Un an après, le prince plaide pour une solution libérée de toute charge émotionnelle. En fin de compte, dit-il, les tensions produisent des dommages tant pour l’Eglise que pour l’Etat.

Hans Adam II s’oppose néanmoins clairement à la signature d’un concordat entre Rome et le Liechtenstein. Les espoirs exprimés par le parlement d’obtenir un droit de participation dans la gestion de l’archidiocèse de Vaduz ne pourraient pas être réalisés dans le cadre d’un concordat, estime le prince. Les décisions du Concile Vatican II ne prévoient en effet nullement de droit de participation pour les questions de foi, d’organisation ou de personnel.

En outre il n’y a actuellement aucun consensus au Liechtenstein sur la manière de régler la question des relations Eglise-Etat. Une délégation du Liechtenstein serait donc incapable de savoir dans quel sens négocier avec le Saint-Siège. Le prince a invité le parlement à éviter de surcharger inutilement l’appareil diplomatique de la principauté par une démarche qui n’aboutirait vraisemblablement pas. Des négociations ne peuvent arriver à terme que si le parlement se met d’accord sur les devoirs notamment financiers de l’Etat envers l’Eglise et renonce à réclamer un droit de participation pour la gestion de l’archidiocèse, a souligné Hans-Adam II.

C’est pourquoi la solution d’une séparation claire de l’Eglise et de l’Etat doit être examinée, soutient le prince. Celui-ci rejette en outre l’idée selon laquelle cette séparation mettrait en danger la survie de l’Eglise au Liechtenstein. Dans de nombreux Etats, beaucoup plus pauvres que le Liechtenstein, et où il n’y a pas d’impôts ecclésiastiques, l’Eglise vit de dons. L’Eglise catholique est beaucoup plus grande et plus ancienne que le Liechtenstein, celui qui croit que, grâce à des dons, le Prince du Liechtenstein peut influencer la politique ecclésiale se trompe, même si cette idée a été propagée dans la presse suisse, a ajouté Hans-Adam. (apic/gs/mp)

3 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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