Affaire sans doute archivée dès lundi 8 février

Rome: Résultats de l’enquête sur le drame du 4 mai à la Garde Suisse

Rome, 7 février 1999 (APIC) Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro Valls, apportera lundi 8 février des informations sur les morts, le 4 mai 1998, du commandant de la Garde Suisse, Aloïs Estermann, de sa épouse Gladys Meza Romero, et du vice-caporal Cédric Tornay. Ce dernier étant supposé avoir assassiné le couple ce soir-là avant de se donner lui-même la mort.

Le Saint-Siège donnera les résultats de l’enquête menée depuis environ huit mois par le promoteur de justice du Vatican, l’avocat Nicola Picardi. Tout laisse penser que l’affaire va être archivée, la «présomption fondamentale» (communiquée par le porte-parole du Saint-Siège dès le 6 mai 1998 à la suite des autopsies effectuées sur les corps) devant être confirmée. Une présomption selon laquelle le vice-caporal Cédric Tornay a «dans un accès de folie» suite «à une accumulation psychique», volontairement tué le commandant et sa femme.

Face aux conclusions de l’avocat Nicola Picardi, le tribunal du Vatican, a en théorie, trois possibilités: celle de déclarer l’affaire archivée – en considérant que la thèse émise déjà au mois de juin est confirmée, il n’y a pas lieu d’engager des poursuites judiciaires -, celle de réclamer un prolongement de l’enquête – en estimant qu’il subsiste des doutes -, et enfin celle de désigner un autre coupable, suscitant là encore une nouvelle enquête. C’est la première option qui sera très probablement annoncée le 8 février.

Face à cela, les doutes soulevés immédiatement après les événements (portant tant sur le déroulement du délit que sur les motifs du meurtrier présumé) et qui expliquent que la seconde enquête ait duré plusieurs mois, continuent de susciter la curiosité des observateurs. Beaucoup sont en outre irrités par le fait que le Vatican, «Etat souverain», a choisi de confier cette enquête à sa propre justice.

Vagues et remous possibles

On s’attend donc à ce que les conclusions de l’enquête soient contestées, notamment par la famille et surtout la mère du vice-caporal Tornay, et à ce que les hypothèses non évoquées par Vatican soient présentées par la presse italienne, comme cela avait été le cas en mai dernier, sous des titres tels que «drame de l’homosexualité», «malaise profond dans la Garde Suisse depuis plusieurs années», ou encore «Estermann espion de l’Allemagne de l’Est».

Dans tous les cas, même lorsque la sentence du Tribunal du Vatican aura été donnée, les familles des victimes auront la possibilité de déposer un recours si elles considèrent qu’une nouvelle enquête doit encore être engagée.

La première enquête avait été effectuée immédiatement après le délit par le juge unique de l’Etat de la Cité du Vatican, Gian Luigi Marrone. Un juge habituellement chargé de traiter les affaires de droit commun dans la Cité du Vatican, et qui avait pris à ce moment-là les fonctions de juge d’instruction au premier degré (pour les premiers actes de l’instruction: premiers témoignages, autopsies, tests toxicologiques, empreintes digitales etc), avant de transmettre le dossier au promoteur de justice – l’avocat Nicola Picardi – en vue d’une enquête plus approfondie. (apic/imed/pr)

7 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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