Le réalisateur Jean Chollet se dit «extrêmement déçu»
Interrogé lundi par l’APIC, Jean Chollet, qui travaille depuis un an déjà au spectacle multimédia «Perles de l’Espérance», qualifie son abandon de «coup dur». Il se déclare «extrêmement déçu», persuadé que ce projet national était bon pour les Eglises. Pour lui, laisser tomber le spectacle signifie que la volonté de se retrouver parfaitement dans chaque projet est supérieure au fait de réaliser quelque chose ensemble. «Je comprends bien qu’il ne convenait pas tout à fait à certaines Eglises. Le contraire eût été un miracle. Mais on aurait dû surmonter les petits détails. Je pense qu’il est difficile en Suisse de faire un projet qui puisse rallier catholiques et protestants, Suisses alémaniques et romands.»
Le metteur en scène vaudois déplore qu’il suffise qu’une grosse Eglise, comme l’Eglise zurichoise – qui ne se reconnaissait pas dans ce projet, qu’elle trouvait utopique -, refuse de s’engager, pour que tout soit remis en cause. Il regrette cette attitude à la fois pour des raisons financières, mais aussi pour des questions de participation de la base.
«Que signifie faire un spectacle national avec un immense pan d’une Eglise protestante qui renonce à participer ? On remarque une nouvelle fois un esprit très fédéraliste, surtout chez les protestants. C’est une question de système: même si la FEPS, en tant qu’organisation faîtière, dit oui à un projet, elle n’a pas la possibilité d’engager les Eglises membres. Cela rend fragile tout projet national. D’autre part, on sent que l’œcuménisme patine un petit peu ces temps-ci, et ce spectacle aurait été tout à coup un élément signalant que quelque chose repart.»
Jean Chollet se dit navré au regard de tout l’enthousiasme que ce projet avait suscité auprès de nombreux groupes (par ex. chez les Dominicaines de Béthanie à Obwald ou les responsables de l’accueil des réfugiés à Genève, des «perles» qui avaient déjà été choisies). (apic/gs/be)




