La question de l’avortement au centre du débat

Allemagne: Assemblée plénière de la Conférence des évêques

Lingen,

(APIC) La Conférence des évêques d’Allemagne, réunie à Lingen, en Basse-Saxe, a attaqué mardi le délicat dossier de la présence de l’Eglise dans les centres de consultation pré-avortement officiels. Il y a un an, le pape Jean Paul II demandait que les services de consultation de l’Eglise ne délivrent plus d’attestation permettant de pratiquer une interruption volontaire de grossesse.

Les 67 évêques présents vont d’abord entendre le rapport du groupe de travail mis sur pied il y a un an pour étudier des alternatives à la situation actuelle. Nombre d’entre eux considèrent que le maintien de la présence de l’Eglise dans le système de consultation étatique est le meilleur moyen de protéger la vie des enfants à naître. L’entretien accordé à une femme en détresse peut changer sa décision d’avorter. Un vote des évêques devrait avoir lieu jeudi avant la clôture de l’assemblée plénière de l’épiscopat.

Le cardinal Friedrich Wetter, archevêque de Munich, a critiqué, mardi dans une prédication, la société allemande pervertie et a appelé ses confrères à la résistance et à l’unité autour de fondements éthiques. Beaucoup de gens vivent comme si Dieu n’existait pas. C’est pourquoi les évêques doivent s’efforcer de montrer sa présence dans les signes des temps.

Dans sa lettre adressée à l’épiscopat allemand, le pape relevait que le certificat en cause est ambigu: il a certes pour but d’attester la consultation obligatoire dans le sens de la défense de la vie, ce qui est positif et au service de la vie. Mais il représente également la condition nécessaire pour pratiquer un avortement, non poursuivi pénalement, dans les structures publiques. Qui plus est, réalisé en partie avec des moyens publics.

Jean Paul II estime que les services de consultation de l’Eglise ne doivent pas délivrer ce type de certificat. Une telle pratique assombrit la clarté et le sens univoque du témoignage de l’Eglise et de ses centres de consultation. Il s’agit finalement d’annoncer l’Evangile de la vie dans le monde pluraliste d’aujourd’hui d’une manière efficace et crédible.

Tout en continuant «provisoirement» de délivrer l’attestation prévue par le système de consultation de l’Etat, les évêques allemands ont alors mis sur pied une commission chargée d’évaluer cette question pastorale doublée d’implications doctrinales évidentes qui ont une importance bien au-delà de l’Allemagne.

En Allemagne, 260 des quelque 1’600 services de consultation sont sous la responsabilité de l’Eglise catholique. (apic/kna/mp)

23 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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