L’Eglise ne doit pas se retirer des centres de consultation
Allemagne: Les évêques allemands ne tranchent pas sur la question de l’avortement
Lingen,
(APIC) La Conférence des évêques allemands n’a pas pris de décision définitive sur la question de la présence de l’Eglise dans les centres de consultation pré-avortement. L’assemblée plénière de l’épiscopat, réunie à Lingen en Basse-Saxe, a bien procédé à un vote, mais celui-ci n’a pas force de loi. Il servira uniquement à donner au pape Jean Paul II une image de l’opinion des évêques, a précisé jeudi Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence.
Les évêques ont discutés longuement, ont «bataillé» entre eux et ne se sont pas fait de cadeaux, a indiqué Mgr Lehmann. L’évêque de Mayence s’est cependant refusé à en dire plus au nom de la collégialité épiscopale et de la collaboration avec le pape. Un grand nombre de chrétiens et quelques évêques critiquent vivement la remise d’attestations préalables à un avortement et réclament le retrait de l’Eglise de ce système légal qu’ils jugent injuste, reconnaît Mgr Lehmann.
Les évêques allemands attendent maintenant une dernière consultation avec Rome dont la forme et la date ne sont pas encore fixés. Il semble vraisemblable qu’une délégation épiscopale allemande se rendra à Rome. Mgr Lehmann se dit persuadé que le Vatican «respectera nos efforts et que nous trouverons une solution».
La présence de l’Eglise dans les Centres de consultation pré-avortement et la remise de l’attestation nécessaire pour pratiquer un avortement sans être punissable reste un dilemme. Une des solutions envisagées est d’accompagner la consultation obligatoire d’un plan d’aide et de conseil assurant à la future mère en détresse un soutien personnel et matériel y compris après la naissance de l’enfant. Un autre modèle est celui du diocèse de Fulda. Il consiste à maintenir la présence ecclésiale dans les centres de consultation, mais à ne plus remettre d’attestation. Dans leur majorité les évêques veulent en effet éviter un retrait pur et simple de l’Eglise du système légal.
Le président des évêques allemands déplore par ailleurs que la conscience de la dignité de l’enfant à naître se soit considérablement affaiblie en Allemagne. On assiste ainsi à des avortements tardifs scandaleux qui auraient dû troubler la société, les hommes politiques et les médecins. A propos de l’introduction de la pilule abortive RU 486, Mgr Lehmann a l’impression que le fondement même de la loi allemande c’est-à-dire le caractère illégal de chaque avortement disparaît de plus en plus des consciences. Du principe de la suspension de la peine on est ainsi passé ainsi à celui d’un droit à l’avortement. (apic/kna/mp)




