Brésil: Sécheresse dans le Nordeste: «L’hiver n’est pas encore arrivé !»
La CPT dénonce l’incompétence et l’inertie du gouvernement
Olinda ,4 janvier 1999 (APIC) Les responsables locaux des Commissions pastorales de la Terre (CPT) du Nordeste brésilien, réunis dernièrement à Olinda près de Recife, dénoncent l’aggravation des conditions de vie des gens et l’inertie du gouvernement envers les victimes de la sécheresse.
«Bien que la période de l’hiver ait commencé et des prévisions de pluie probable aient été annoncées pour les prochains mois, il reste que la pluie n’est toujours pas venue sur la plus grande partie du Nordeste», déplore la note finale votée à la rencontre d’Olinda. «La faim et la soif désolent la région semi-aride. Beaucoup d’endroits dans les campagnes et même des centres urbains comme Recife, Caruaru, Campina Grande et Brumado (Etat de Bahia), il y a pénurie d’eau. Des épidémies de choléra et de dengue se propagent».
«Le drame de la sécheresse dans le Nordeste, déclarent encore les responsables des CPT, a été bien diffusé dans les médias nationaux il y a quelques mois en arrière, mais aujourd’hui on n’en n’entend plus parler, comme s’il avait plu normalement et comme si on avait apporté une aide suffisante aux victimes. Les campagnes de solidarité organisées dans le sud et le centre du pays ont perdu de leur impact et presque plus rien n’arrive dans nos régions. Les faibles initiatives du gouvernement de Brasilia en ce domaine se montrent toujours plus insuffisantes et inefficaces».
La note de la CPT du Nordeste reproche surtout aux autorités fédérales leur inertie dans l’application des secours disponibles dans le «Le programme fédéral de combat aux effets de la sécheresse». Les signataires de la note déclarent que «la région semi-aride brésilienne, avec ses calamités naturelles, mais aussi ses potentialités, ne reçoit pas le même empressement de la part du gouvernement que celui manifesté pour d’autres causes bien plus discutables. Comme par exemple la dotation, en octobre dernier, de 800 millions de dollars par jour pour tâcher de sauver un système financier et une politique économique suicidaires». (apic/cnbb/ba)




