Le patriarcat de Moscou prend pied en Italie
Bari :L’Eglise orthodoxe russe récupère la Maison des pèlerins russes
Moscou, le 12 janvier 1999 (APIC) Le Patriarcat de Moscou de l’Eglise orthodoxe russe vient de récupérer l’usage de la Maison des pèlerins russes de Bari, construite à deux pas du tombeau de Nicolas de Myre, le saint le plus populaire de Russie. Cette maison deviendra ainsi la première représentation officielle du Patriarcat en Italie. Elle sera une sorte d’ambassade facilitant les relations du Patriarcat avec le Vatican et le gouvernement italien.
La municipalité de Bari, propriétaire de la Maison russe, en a cédé en effet l’usage le mois dernier au Patriarcat de Moscou. Cette démarche est un nouvel épisode de la bataille que le Patriarcat de Moscou livre à l’Eglise russe «hors-frontières», séparée du Patriarcat dans les années 20 en raison de la coopération de celui-ci avec le gouvernement soviétique. Jusqu’à présent l’Eglise «hors frontières» avait le contrôle exclusif de la maison de Bari. L’an dernier le patriarcat de Moscou avait déjà repris le monastère de la Sainte-Trinité à Hébron, en Terre Sainte. Il avait fait intervenir la police palestinienne pour expulser par la force des moines fidèles à l’Eglise «hors-frontières».
Un lieu de pèlerinage très ancien
Depuis le Moyen Age, Bari est devenu un lieu de pèlerinage pour les Russes qui venaient prier devant les reliques de saint Nicolas, placées dans la crypte de la basilique consacrée à sa mémoire, sous la surveillance de l’Ordre catholique des dominicains. Au 19e siècle, Bari était un lieu de pèlerinage important pour les Russes, juste après la Terre Sainte.
Les travaux de construction de la Maison orthodoxe de Bari furent commandés sous le régime tsariste, en 1911, par la Société palestinienne orthodoxe impériale. Ils n’ont été cependant terminés qu’en 1925 – après la révolution bolchévique – sous les auspices de l’Eglise orthodoxe russe «hors-frontières». Plus tard, la maison a été vendue à la municipalité de Bari pour permettre de rembourser les dettes occasionnées par sa construction. Après le retour de la liberté religieuse en Russie, le Patriarcat de Moscou a revendiqué ses droits sur la maison de Bari et entamé des négociations avec la municipalité. Alors que le Synode de l’Eglise «hors frontières», basé à New York, se considère toujours comme le successeur légitimes de la Société palestinienne orthodoxe impériale pré-révolutionnaire.
Selon l’accord signé avec la ville de Bari, la chapelle située au troisième étage du bâtiment, ainsi qu’un bureau et un logement, seront laissés gratuitement et pour une durée indéterminée à l’usage du Patriarcat de Moscou. L’Eglise russe «hors-frontières» continuera d’utiliser la chapelle au premier étage.
L’ouverture de la représentation du Patriarcat de Moscou à Bari est aussi importante parce que celle-ci devient le premier bureau de l’Eglise russe dans un pays majoritairement catholique et servira de centre de liaison avec le Vatican. Selon le prêtre Kuchumov, nommé doyen de la maison de Bari, le Vatican serait au courant des négociations avec la municipalité et approuverait l’ouverture de ce bureau. (apic/eni/mp)




