Plus jamais la violence, le terrorisme, la torture et la peine de mort!
Mexique: A Notre-Dame de Guadelupe, le pape clôture le Synode pour l’Amérique
De notre envoyée spéciale, Caroline Boüan
Sanctuaire de Notre-Dame de Guadelupe, 24 janvier 1998 (APIC) Reprenant les thèmes concrets de l’Exhortation apostolique post-synodale «Ecclesia in America», Jean Paul II, dans son homélie de samedi à la basilique de Guadelupe, s’est écrié : «Plus jamais la violence, le terrorisme, le trafic de drogue, la torture. Il faut aussi mettre fin au recours inutile de la peine de mort !»
Remise solennellement samedi par le pape lors de la messe célébrée au sanctuaire mexicain de Notre-Dame de Guadalupe, l’Exhortation apostolique propose, outre des considérations spirituelles pour une conversion renouvelée à la foi en Jésus Christ, des perspectives pastorales concrètes pour une «nouvelle évangélisation» du continent à l’aube du troisième millénaire.
Serait-il trop ambitieux d’espérer qu’après ce premier Synode américain de l’histoire, il se développe sur ce continent majoritairement chrétien une manière de vivre et de partager plus évangélique ? C’est la question qu’a posée le pape en célébrant samedi matin la messe de clôture solennelle du Synode des évêques pour l’Amérique (Rome – 16 novembre – 12 décembre 1997) au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe, situé à une quinzaine de km du centre de Mexico.
Le pape a été accueilli dans la Basilique moderne par des applaudissements et une agitation contrastant avec la solennité de l’hymne pontifical alors entonné. Salué plus officiellement par le cardinal Norberto Rivera Carrera, archevêque de Mexico, il a concélébré la cérémonie avec près de 500 évêques du continent américain, parmi lesquels tous les évêques mexicains dont 96 sont actuellement en charge.
«Puisse le continent de l’Espérance être aussi le continent de la Vie !» s’est exclamé Jean Paul II lors de son homélie. Une homélie prononcée en espagnol, mais aussi en portugais, en français, et en anglais.
Demandant «une vie digne» pour les enfants à naître, les peuples indigènes, les afro-américains, les enfants de la rue, les immigrés et les autres victimes de souffrances de toutes sortes, le pape s’est encore écrié : «Je demande aussi davantage de «solidarité et de collaboration entre les communautés chrétiennes de toute l’Amérique, car chacune apporte les richesses spirituelles et matérielles dont elle dispose».
Jean Paul II a ainsi évoqué les principaux thèmes développés dans l’exhortation post-synodale qu’il a voulu placer au coeur de son voyage au Mexique. «Nous devons réveiller les consciences des hommes et des femmes avec l’Evangile, a-t-il insisté, pour que Dieu leur inspire comment édifier une meilleure Amérique».
A l’issue de la messe, Jean Paul II a lui-même remis des exemplaires de ce document aux évêques qui avaient suivi le synode en tant que délégués, puis à quelques vingt-cinq personnes représentant toutes les facettes de l’Eglise américaine auxquelles ce texte est spécialement destiné : prêtres, religieux, laïcs, indiens, enfants et malades, entre autres.
Le pape annoncé, au cours de la messe, a également annoncé que la fête de Notre-Dame de Guadalupe, célébrée le 12 décembre au Mexique, sera désormais étendue à tout le continent américain.
42’000 pèlerins présents
Une annonce qui a suscité des applaudissements vigoureux de la part des quelque 12’000 fidèles présents à l’intérieur de la Basilique, mais aussi des 30’000 autres qui suivaient la cérémonie sur grands écrans. Ces derniers étaient installés sur l’esplanade de la Basilique, à quelques mètres de l’ancienne église, dont la façade vieille de trois siècles était illuminée de soleil, au pied de la colline où l’indien Juan Diego avait bénéficié de l’apparition de la Vierge en 1531. Une Vierge métisse dont l’image miraculeuse, imprimée sur le manteau de coton de l’indien et vénérée dans la Basilique moderne, voit défiler chaque année près de 20 millions de pèlerins.
Tandis que Jean Paul II lui-même a pris spécialement le temps de la prier à l’issue de la messe, des milliers de Mexicains ne participant pas à la cérémonie étaient venus dès l’aube se placer le long du trajet parcouru par le pape entre le plus grand sanctuaire marial de l’Amérique et la nonciature apostolique de Mexico. Des gens de tous âges, souvent emmitouflés dans des couvertures ou des ponchos à cause du vent frais matinal et des plus de 2000 mètres d’altitude. Partout ressortait une grande joie de la part de la population, joie qui trouve un large écho ces jours-ci dans les médias nationaux. (apic/imed/cb/ba)




