Angleterre: Les prêtres anglicans traditionalistes se sentent marginalisés au sein de l’Eglise
L’Eglise accusée de «purification ethnique» à leur endroit
Londres, 31 janvier 1999 (APIC) Les prêtres anglicans traditionalistes se sentent marginalisés par les libéraux au sein de l’Eglise d’Angleterre, au point même de se dire victimes d’une véritable «purification ethnique», rapporte dimanche le journal londonien «The Sunday Times». Certains d’entre eux songent même à créer une dissidence en marge de leur Eglise.
George Austin, archidiacre de York, a annoncé avec fracas sa démission de l’Eglise d’Angleterre dans une attaque cinglante contre la tendance dominante dans la communauté anglicane: les prêtres traditionalistes y seraient marginalisés et leurs supporters seraient privés d’une audience nationale parce qu’on les empêche d’accéder aux postes importants. Et l’archidiacre de York d’accuser ses supérieurs de pratiquer la «purification ethnique» à l’endroit de la tendance minoritaire.
La semaine dernière, ces accusations ont été étayées par des statistiques montrant que depuis le 1er janvier 1994, période après les premières ordinations sacerdotales de femmes au sein de l’Eglise d’Angleterre, aucun opposant aux femmes prêtres n’a été consacré évêque diocésain. Il y a eu depuis ce temps-là 60 autres nominations importantes, toutes revenant aux supporters de l’ordination sacerdotale des femmes, déplore le prêtre conservateur. Pour George Austin, cette situation illustre «l’intolérance de la faction libérale».
«C’est une sorte de purification ethnique. Je suis en faveur de l’existence de l’élément libéral dans la vie de l’Eglise», estime-t-il, mais les libéraux ne devraient pas tourner en dérision et ignorer tous les autres qui ne sont pas du même bord.
Tension croissante entre l’aile libérale et l’aile conservatrice
La tension entre l’aile libérale et traditionnelle est devenue croissante ces dernières années, note «The Sunday Times», et elle se focalise principalement sur l’ordination des femmes. Nombre d’observateurs espéraient que les opposants allaient disparaître après que le Synode Général eût voté en 1992 en faveur de l’introduction du sacerdoce féminin. Au lieu de cela, le fossé s’est élargi, avec un clergé et des paroisses sommées de se ranger d’un côté ou de l’autre. A l’heure actuelle, ce sont les libéraux qui occupent les places de pouvoir dans l’Eglise d’Angleterre.
Deux prélats traditionalistes, David Hope et Richard Chartres, ont été nommés respectivement archevêque de York et évêque de Londres, mais ils étaient déjà évêques et ont simplement été mutés. Ces tensions entre conservateurs et libéraux ont suscité du ressentiment et un sentiment de démoralisation au sein des traditionalistes. Certains d’entre eux pensent former une dissidence partiellement indépendante de leur Eglise. Robin Ellis, archidiacre de Plymouth et membre de «Forward in Faith» – qui mène le combat dans ce sens – , réfute les arguments des libéraux selon lesquels les conservateurs n’ont que très peu de bons candidats à proposer : «Même les plus petits postes échappent à nos sympathisants!». Les responsables de l’Eglise d’Angleterre, pour leur part, nient avec fermeté mener une politique de discrimination contre les opposants au sacerdoce féminin. (apic/sundt/be)




