Etats-Unis: «Le missionnaire de Lucifer» en prison pour avoir incendié au moins 25 églises
Condamné à 3,6 millions de dollars de dédommagements
New York, 4 décembre 2000 (APIC) Hostile au christianisme, un citoyen américain blanc de 38 ans, originaire de l’Indiana, a été condamné à 42 ans de prison pour avoir mis le feu à plus de 25 églises au milieu et à la fin des années 90. L’épidémie incendiaire provoquée par celui qui s’est surnommé «le missionnaire de Lucifer» avait suscité de vives réactions et de nombreux débats à l’échelon national.
Jay Scott Ballinger, âgé de 38 ans, a avoué avoir incendié plus de 25 églises dans au moins huit Etats du Sud et du Midwest des Etats-Unis. Se décrivant lui-même comme le «missionnaire de Lucifer», Jay Ballinger risque d’autres condamnations pour cinq incendies d’églises en Géorgie. Il a été condamné le 14 novembre après avoir plaidé coupable en juillet à 20 chefs d’accusation pour destruction de biens d’Eglises. Il a aussi été condamné à payer 3,6 millions de dollars pour dédommagements.
Ces actes criminels remontent au milieu et à la fin des années 90, période durant laquelle une «épidémie incendiaire» avait provoqué de vives réactions à l’échelon national. Des centaines d’incendies criminels ont été perpétrés, un grand nombre dans des églises de communautés noires, et le Conseil national des Eglises des Etats-Unis avait même évoqué la thèse d’attentats racistes. En partie en raison de la campagne du NCC, ces attaques avaient suscité un vaste débat à travers tout le pays, avec l’intervention du président Bill Clinton et la mise en place d’un groupe de travail national chargé de se pencher sur le problème.
Thèse raciste écartée
Jay Scott Ballinger a incendié sans distinction des églises de communautés noires et blanches. Selon les autorités, c’est lui qui a perpétré le plus grand nombre d’incendies d’églises. Son amie, Angela Wood, agée de 25 ans, a aussi été condamnée, le 16 novembre, à 17 ans de prison pour complicité.
Rose Johnson-Mackey, directrice des recherches et programmes du Groupe interconfessionnel concerné par le problème des églises incendiées, National Coalition for Burned Churches, s’est dite satisfaite du travail des autorités. Pourtant, a-t-elle fait observer, même si l’auteur de ces crimes a plaidé coupable, certaines questions restent sans réponse. Ainsi, se demande-t-elle, comment Jay Ballinger et son amie ont pu perpétrer ces incendies sans aide, étant donné la distance séparant leurs cibles. En effet, les églises incendiées se trouvaient dans un grand nombre d’Etats, de l’Indiana et de l’Ohio au Kentucky, au Tennessee, en Alabama et en Caroline du Sud, ainsi qu’en Californie.
Complicité extérieure?
«Je ne vois pas comment cela a pu se faire. En me basant sur des données géographiques, je me demande comment deux personnes, sans aide, ont pu accomplir ces forfaits. Cela me parait absurde. De nombreuses églises, a-t-elle précisé, se trouvaient dans des endroits lointains et isolés. «Et il faut bien chercher ces églises pour les trouver.»
Au début, les autorités avaient écarté tout lien entre les incendies, pour finalement conclure qu’ils avaient été commis par la même personne. «Ce qu’il reste à savoir, c’est si nous voyons seulement la partie émergée de l’iceberg», a fait remarquer Rose Johnson-Mackey. L’enquête menée par son organisation a permis de préciser qu’il y avait eu 826 incendies d’églises aux Etats-Unis de 1995 à 1997 et à peu près 700 depuis 1998. (apic/eni/bb)




