Vision divergente sur les causes des violations
Suisse: CSI réagit à son exclusion de l’organisation de la Journée des droits de l’homme
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(APIC) «Christian Solidarity International» regrette que «Justice et Paix», ’Amnesty International, Pax Christi, l’ACAT et le département des droits de l’homme de la FEPS l’aient exclue de l’action de la Journée des droits l’homme. Dans une lettre aux curés et pasteurs de Suisse, CSI estime que faire cause commune le 10 décembre, «en dépit de profils différents», servirait la cause des droits de l’homme.
Les cinq organisations de défense des droits l’homme «Justice et Paix», «Amnesty International», «Pax Christi», l’»ACAT» et le département des droits de l’homme ont décidé de se séparer de CSI pour la préparation et la réalisation de la Journée des droits de l’homme en Suisse. Dans le communiqué de presse accompagnant l’action du 10 décembre, elles ont motivé leur décision par «d’importantes divergences de vue sur la manière d’analyser les causes des violations des droits de l’homme».
Organisation chrétienne indépendante, CSI regrette, dans un récent courrier aux paroisses helvétiques signé par son président, Hansjörg Stückelberger, que ni la Fédération des Eglises protestantes, ni le secrétariat de la Conférence des évêques n’aient offert leur médiation dans ce contentieux. «Nous sommes d’avis que les organisations de défense des droits de l’homme devraient non seulement protester contre les violations mais encore faire ressortir leur origine idéologique.» CSI affirme que derrière toute persécution, torture ou esclavage, il y a une philosophie, une idéologie ou une religion qui pousse à de telles atrocités et que cela doit être dénoncé.
Ne pas faire l’amalgame entre la foi et l’utilisation de la religion
Secrétaire de Justice et Paix, Jean-Claude Huot a précisé vendredi 8 décembre à l’APIC que la coalition des cinq organisations impliquées dans la Journée international des droits de l’homme souhaitait s’engager sans tenir compte des confessions ou des convictions religieuses des victimes et des bourreaux et cela, quel que soit le régime qui viole les droits. Elle reproche à CSI de faire l’amalgame entre la foi et l’utilisation de la religion à des fins de pouvoirs.
Prenant l’exemple des Moluques ou du Soudan, Jean-Claude Huot estime que ce n’est pas l’islam qui est la cause des exactions mais l’interprétation et l’application de cette religion. Il serait faux d’opposer le christianisme à l’islam, en accordant l’exclusivité à la protection des chrétiens contre les musulmans, poursuit le secrétaire de «Justice et Paix». «Nous ne voulons pas mélanger l’islam dans son ensemble avec l’usage qui en est fait par certains groupements et régimes politiques.»
Sous le slogan «Pas à pas, prévenons la torture», les organisateurs de l’action 2000 de la Journée de droits de l’homme proposent de prévenir la forme de violence qu’est la torture par le respect de soi-même et d’autrui. Ils soulignent que notre société connaît des phénomènes qui portent en germe la torture elle-même, comme le mobbing sur le lieu de travail, à l’école ou encore le racisme. (apic/com/mjp)




