Espagne: Crise de l’œuvre d’entraide «Manos Unidas»
Mise en cause du rôle des évêques
Madrid, 8 décembre 2000 (APIC) Onze collaborateurs de «Manos Unidas» (Mains Unies), organisation de l’Eglise catholique espagnole qui sert le développement dans le tiers monde, dont trois anciennes présidentes, Consuelo Lobo, Ana de Felipe et Pilar Villar, ont fait parvenir aux membres de l’épiscopat un rapport sur la crise que vient de traverser l’institution.
La crise, selon elles, est liée à la façon dont la Conférence épiscopale espagnole exerce le pouvoir, » décidant unilatéralement et dans son manque de respect des statuts de «Manos Unidas». Le rapport rappelle qu’en 1993, la CEE avait demandé à Manos Unidas (MU) de destiner «un petit pourcentage à quelques projets pastoraux qui parviennent aux évêques». Les évêques auraient modifié substantiellement ce qui avait été approuvé dans l’organisation pour le renouvellement des statuts et l’un d’eux a en outre demandé qu’une personne qui ne travaillait pas à MU en devienne la présidente, entraînant la démission de la Commission permanente du Comité exécutif. Lors des élections anticipées, sur les onze candidates, six seulement ont été approuvées par les évêques alors que les candidates exclues représentaient la sensibilité de la majorité au sein de MU.
Le rapport redoute que MU ne devienne une association passive, attendant que la hiérarchie trace la ligne de conduite. Il rejette l’accusation selon laquelle MU avait l’intention de se détacher de l’Eglise catholique. Pour les signataires, toute cette affaire dénote l’absence «d’une l’ecclésiologie de communion». (apic/cip/mjp)




