L’Eglise catholique va replonger dans les chiffres rouges

Genève: 700’000 francs de déficit pour le budget 2001 de l’Association catholique romaine

Genève, 10 décembre 2000 (APIC) L’embellie aura été de courte durée. Sortis des chiffres rouges l’an dernier, les comptes de l’Eglise catholique genevoise vont sans doute y replonger cette année, à moins d’un miracle. Quant au budget 2001, il s’annonce déficitaire. Les membres de l’Association catholique romaine, lors de leur assemblée générale du 6 décembre, se sont creusé les méninges pour trouver des solutions.

En ce début décembre, les recettes de la contribution ecclésiastique sont inférieures d’un million de francs environ à celles de l’an passé à la même époque. L’exercice 2000 n’étant toutefois pas terminé, les catholiques ont encore quelques semaines pour payer leur dû et faire pencher la balance du bon côté. Mais Hélène Braun, présidente, et Pierre Regad, secrétaire général de l’ACR, n’y croient pas trop.

La réforme fiscale qui débutera en 2001 aura en effet un impact certain, quoique difficilement chiffrable, sur les revenus de l’Eglise. Privés de bordereaux d’impôts jusqu’à mi-2002, comment réagiront les catholiques genevois par rapport à la contribution ecclésiastique? La verseront-ils sous forme d’acomptes? Attendront-ils le bordereau? Si c’est le cas, l’Eglise risque de perdre un million par année, estime Pierre Regad. Qui n’en demeure pas moins optimiste en présentant son projet de budget 2001, avec une augmentation légère du total des produits (7,8 millions) par rapport au budget 2000. Les charges sont en hausse elles aussi, à cause d’une indexation salariale fixée à 1,5% et surtout de l’augmentation des compléments de salaire pour les agents pastoraux mariés et ayant des enfants à charge. Résultat des courses: un découvert de quelque 700’000 francs pour le budget 2001, que les membres de l’ACR ont approuvé néanmoins sans problème.

Améliorer la communication

La deuxième partie de la séance a été consacrée à un débat sur «les moyens d’améliorer les finances». Redoutable défi qui en suppose un autre, celui d’améliorer la communication. En effet, les catholiques seraient sans doute plus enclins à soutenir leur Eglise si elle descendait de son piédestal pour se rapprocher des gens, donnant d’elle-même une image plus joyeuse et vivante. Comment y parvenir? Les réponses nombreuses et variées ont prouvé combien le sujet tient au cœur des membres de l’ACR.

Certains ont suggéré par exemple de recourir aux paroisses, lieux de proximité par excellence, pour promouvoir la contribution; de former les agents pastoraux aux problèmes liés à l’argent; d’offrir des projets concrets, des actions visibles, qui incitent les gens à la générosité. D’autres ont insisté sur l’importance d’un langage positif et sur la reconnaissance du bénévolat, principale richesse de l’Eglise.

Mgr Pierre Farine, de son côté, a évoqué une expérience réussie de «communication rapprochée», menée depuis deux ans à la cure de la basilique Notre-Dame, où il reçoit une fois par mois tous ceux qui veulent le voir, catholiques ou non, croyants ou pas. «Je ne pensais pas que l’humanité était si diverse, a-t-il témoigné. Je rencontre des gens de toute la planète, de tous âges, de toutes conditions. Certains viennent me parler de problèmes religieux ou personnels, d’autres passent simplement dire bonjour. Une vieille dame de 90 ans est venue me montrer ses photos de vacances. C’est un ministère extraordinaire». Raison pour laquelle, sans doute, l’évêque auxiliaire s’avoue tout à fait disposé à «chatter» sur internet! (apic/GladysThéodoloz/mjp)

10 décembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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