Les religieux invités à faire pression, y compris dans les écoles

Philippines: L’Eglise insiste pour la démission du président Estrada

Manille, 1er novembre 2000 (APIC) L’Eglise catholique aux Philippines s’implique de plus en plus dans la politique pour réclamer la tête du président Estrada. Plusieurs cardinaux demandent sa démission, comme la Conférence des évêques. Quant à l’Association des supérieurs majeurs des religieux des Philippines, elle a écrit à tous les religieux en leur demandant de prendre position. Et en installant dans les écoles et dans les paroisses des banderoles et des affiches avec l’inscription «Estrada, démission!»

Le Sénat philippin enquête actuellement sur le président Estrada, accusé de s’être enrichi avec des profits illicites provenant du juetang, un jeu de hasard illégal. Le Cardinal Jaime Sin, archevêque de Manille, invite pour sa part les fidèles du diocèse à participer à une marche de prière prévue samedi 4 novembre. Le cardinal Sin demande aux paroisses, aux écoles catholiques, aux instituts et aux communautés religieuses de se mobiliser pour demander avec insistance la démission du président Estrada.

Cette prise de position nette de l’Eglise n’est toutefois pas appréciée des hommes politiques. Durant les interrogatoires au Sénat, le chef de la Commission gouvernementale pour les jeux de hasard autorisés légalement, a déclaré qu’une partie importante des gains finissait précisément dans les caisses de l’Eglise, y compris dans celles de l’archidiocèse de Manille.

Dans un communiqué remis à la presse le 24 octobre, le cardinal Sin a répliqué que «l’Eglise ne demandait pas aux donateurs la provenance de leur argent. Nous nous assurons seulement qu’il va ensuite pour les pauvres». Tout au long de son histoire, rappelle le cardinal, l’Eglise a souvent accepté «de l’argent sale» venant de criminels et de voleurs, comme moyens de restitution, dans l’impossibilité de pouvoir le rendre à ses propriétaires légitimes.

Selon lui, «l’acceptation et la restitution de l’argent ne signifient pas approbation ou remise. La restitution doit s’accompagner d’une conversion du coeur et de la détermination de ne pas répéter le péché».

Dans les écoles aussi

Ces jours derniers, l’épiscopat des Philippines a renouvelé son invitation au président Estrada de quitter la présidence. Dans un communiqué du 20 octobre, Mgr Orlando Quevedo, président de la Conférence des évêques, note, dans une analyse de la situation, une baisse de la monnaie philippine, et s’attend à un effondrement imminent de l’économie. «La démission semble inévitable, étant donné que la confiance dans le président est perdue de façon irrémédiable», déclare le prélat, qui redoute des pressions de la part de la Banque Mondiale, du Fonds monétaire international, et des Etats-Unis. Mgr Quevedo dénonce aussi la tentative politique du Sénat de protéger le président: «On a l’impression que le Sénat est plus intéressé à détruire la crédibilité du témoin le plus important, le gouverneur Singson, plutôt que de connaître la vérité».

Le cardinal Ricardo Vidal, archevêque de Cebu, a invité lui aussi directement le président Estrada a démissionner. De son côté, l’Association des supérieurs majeurs des religieux des Philippines a écrit à tous les religieux en leur demandant de prendre position, et en installant dans les écoles et dans les paroisses des banderoles et des affiches avec l’inscription «Estrada, démission!». (apic/fides/pr)

1 novembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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