Publication du programme officiel de sa visite
Rome: Visite du catholicos arménien
Rome, 7 novembre 2000 (APIC) Le Saint-Siège a publié mardi le programme de la visite officielle que le catholicos de l’Eglise apostolique arménienne Karekin II effectuera au Vatican du 8 au 11 novembre.
A son arrivée à Rome, Karekin II sera accueilli dans la Maison Sainte Marthe du Vatican par le cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.
Le lendemain matin, il se rendra pour une visite de prière dans la basilique Saint-Pierre, avant d’aller visiter une exposition de manuscrits de la Bible au centre de Rome, organisée avec la collaboration du Saint-Siège, et de rencontrer la communauté arménienne catholique au Collège pontifical arménien.
C’est ensuite dans la soirée, toujours le 9 novembre, qu’il se rendra au palais apostolique avec sa délégation pour y rencontrer Jean Paul II. Parmi les membres de cette délégation se trouvent le ministre des Affaires religieuses d’Arménie, Razmig Margosian, cinq évêques d’Arménie et une dizaine d’évêques arméniens venus d’Amérique, d’Afrique, d’Australie et d’Europe. Un repas sera ensuite offert en leur honneur par le Conseil pour l’unité des chrétiens.
Cette relique fait partie d’un ensemble qui semble avoir été apporté à Naples il y a plusieurs siècles par quelques religieuses arméniennes contraintes autrefois d’abandonner leur pays. A l’issue de cette cérémonie, le catholicos sera reçu à déjeuner par Jean Paul II, avant de visiter dans l’après-midi l’ambassade d’Arménie près le Saint-Siège et la communauté de Sant’Egidio, très engagée dans les relations oecuméniques.
Le 11 novembre, enfin, Karekin II se rendra dans les trois grandes basiliques de Rome, puis participera à une journée d’études organisée par l’Institut pontifical oriental sur «la formation d’une tradition millénaire: 1700 ans de témoignage chrétien arménien».
L’Eglise arménienne
L’Eglise arménienne s’apprête en effet à célébrer en 2001 les 1700 ans de la christianisation de l’Arménie, oeuvre de saint Grégoire l’Illuminateur, fêté le 30 septembre. Le 21 septembre 2001, par ailleurs, l’Arménie fêtera les 20 ans de son indépendance, qui a beaucoup contribué à la renaissance de l’Eglise arménienne. Le mois de septembre 2001 serait donc une date particulièrement favorable à un voyage du pape en Arménie si le catholicos lui en fait officiellement la proposition.
En attendant, l’Eglise arménienne apostolique que représente Karekin II compte aujourd’hui plus de sept millions de chrétiens, dont près de deux millions habitent en Arménie, également deux millions en Russie, près de 400’000 en Géorgie, quelque 500’000 au Moyen-Orient, environ un million en Amérique du Nord, 150’000 en Amérique du Sud, et beaucoup également en Europe, en particulier en France, où ils sont près de 400’000.
L’Eglise arménienne se répartit par ailleurs en quatre entités. Deux dépendent de deux catholicos (à Etchmiadzin en Arménie, près de la capitale Erevan, et à Antelias au Liban), dont l’autorité spirituelle est un point de référence pour toute la communauté arménienne, et deux autres de deux patriarches (à Jérusalem et à Istanbul).
Le dialogue vers l’unité
Cette visite officielle du catholicos d’Etchmiadzin – patriarche suprême de tous les Arméniens – n’est pas la première du genre. Du 8 au 12 mai 1970 en effet, le catholicos Vasken s’était lui-même rendu chez le pape Paul VI, accompagné des deux patriarches de Jérusalem et d’Istanbul. Il avait signé avec lui une déclaration commune par laquelle les deux chefs d’Eglise exprimaient leur volonté de poursuivre les efforts vers leur unité. Le prédécesseur de l’actuel catholicos, Karekin Ier Sarkissian, est pour sa part venu voir Jean Paul II à deux reprises. Lors de sa première visite, du 10 au 14 décembre 1996, il avait signé avec le pape une déclaration dans laquelle tous deux proclamaient leur foi commune dans le Christ. Lors de sa seconde visite, du 23 au 26 mars 1999, Karekin Ier, déjà gravement malade, avait tenu à affirmer au pape son désir de poursuivre les efforts pour un rapprochement des deux Eglises. Il devait mourir quelques mois plus tard, le 29 juin 1999, avant que le pape ait pu lui rendre sa visite, comme il le souhaitait.
Les relations entre Etchmiadzin et Rome sont donc devenues de plus en plus fraternelles depuis le Concile Vatican II, pour lequel l’Eglise arménienne avait envoyé des observateurs. Le patriarche de Cilicie des Arméniens catholiques, Nerses Bedros XIX Karmouni, sera d’ailleurs à Rome à l’occasion de la visite du catholicos. Son patriarcat, dont l’origine remonte au XVIIIe siècle, rassemble environ 250’000 fidèles, pour la plupart au Liban et en Syrie.
Karekin II a été élu 132e patriarche suprême et catholicos de tous les Arméniens le 27 octobre 1999. Il est aujourd’hui âgé de 49 ans. Ordonné en 1972, il a étudié la théologie successivement à Vienne, puis en Allemagne et enfin en Russie, à l’Académie de Zagorsk de l’Eglise orthodoxe russe. Ordonné évêque d’Ararat (Arménie) en 1983, il a joué un rôle de premier plan au cours des dix dernières années dans la vie religieuse, sociale et culturelle de l’Arménie, notamment à travers la promotion de missions caritatives à la suite du tremblement de terre de 1988 et de la fin de l’empire soviétique. En novembre 1998, le catholicos Karekin Ier, suite à graves problèmes de santé, l’avait nommé vicaire général du siège de l’Eglise arménienne, Etchmiadzin. (apic/cip/imed/pr)




