Couvents, paroisses et dispensaires visés

Congo démocratique: Pillages et meurtres à la périphérie de Bukavu

Bukavu, 19 novembre 2000 (APIC) Le couvent des frères franciscains, la paroisse catholique et le centre hospitalier de la localité de Nyantende, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont été saccagés et pillés en fin de semaine par des militaires, rapporte l’agence d’information africaine BIA à Bruxelles. Nyantende est située à 6 km au sud de la ville de Bukavu, dans la région de la RDC occupée par les troupes rwandaises.

Le Père Ilija Barisic et trois séminaristes ont été blessés à coup de baïonnette, racontent les témoins. L`infirmier de garde a été tabassé et la maison du docteur pillée après qu’on ait arraché l’antivol à la hache; un commerçant du nom de Mastaki Mulolo a été grièvement blessé à la tête par un coup de machette et son magasin a été vidé; un militaire du nom de Bawili, en poste tout près du centre hospitalier, a été abattu par balle par les assaillants et un autre militaire, une femme du nom de Nono, enlevé par les mêmes assaillants.

Pillages en toute impunité

Dans la nuit du 16 au 17 novembre, la localité de Nyantende a été pillée par plusieurs dizaines de militaires qui ont pu opérer impunément pendant des heures. Il s’agit d’une «armée» typique de celles qu`on retrouve dans toutes les attaques perpétrées dernièrement autour de Bukavu: des Tutsis, des Hutus et des Congolais, parlant, entre eux, principalement le kinyarwanda. Au moins trois enfants-soldats (kadogo) ont été aperçus, dont la longueur du fusil dépassait leur taille et dont l’âge peut être estimé entre 12 et 14 ans. Le centre de la localité a été passé au crible. Là où il n’était pas possible de passer par la porte ou la fenêtre, les assaillants ont arraché le toit. Après des heures de pillage, les militaires ont pris la route de Nyangezi où un véhicule les attendait, probablement pour charger le butin.

Population locale terrorisée sans que les autorités n’interviennent

10 jours auparavant, un groupe d’une centaine de militaires, Hutus, Tutsis et Congolais, avaient attaqué la localité de Mbobero, à 5 km à l’ouest de la ville de Bukavu. Ils ont terrorisé la population, pillé la paroisse catholique, battu les deux prêtres qui s’y trouvaient, tué un policier et deux civils en blessant grièvement un autre policier. A ce moment-là la radio locale avait imputé, comme d’habitude, le coup aux Maï-Maï et aux Interhamwe, qui se battent contre la présence rwandaise en RDC. La veille, c’est la Caritas, institution caritative des catholiques, qui avait été mise à sac, en plein centre ville. Les assaillants ont pillé et chargé leur butin en toute tranquillité sans qu’ils ne soient inquiétés par personne, alors que les autorités avaient été averties. (apic/bia/be)

19 novembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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