Inde: Un Jésuite dénonce le «patriotisme» des fondamentalistes hindous
Dévaster les églises n’a rien de patriotique
New Delhi, 21 novembre 2000 (APIC) Il n’y a rien de patriotique à dévaster des églises et des monastères, à falsifier l’histoire ou à méconnaître le rôle de l’Eglise catholique dans la construction de la démocratie en Inde. C’est ce qu’écrit le père Ambrose Pinto, jésuite, directeur de l’»Indian Social Institute » de New Delhi, dans un commentaire diffusé le 20 novembre sur la situation sociale du pays.
Le Père Pinto prend comme point de départ les attaques contre les églises et les couvents organisées par des groupes armés et soutenus par le Bharatiya Janata Party, les fondamentalistes hindous, et qui se sont multipliées ces derniers temps, » car aucun des meurtriers n’a jamais été puni «. Le jésuite démasque la stratégie à long terme de ce groupe, qui consiste à «pousser les chrétiens à avoir des Eglises nationales, comme cela s’est passé en Chine, en chassant les missionnaires étrangers «. L’objectif final » est d’utiliser la religion pour définir la citoyenneté «, et pour les mouvements fondamentalistes il s’agit aussi de «réécrire l’histoire» en soutenant qu’» il n’y a jamais eu d’invasion aryenne et que les hindous sont les premiers habitants du pays «.
Ces positions sont dénoncées par le jésuite Indien, car elles sont démenties par l’histoire. En réalité, souligne-t-il, il existe » des preuves » que ces mêmes fondamentalistes Hindous ont collaboré avec la Grande Bretagne «contre le mouvement pour l’indépendance» et que «le même groupe était impliqué dans l’assassinat de Gandhi».
La démocratie au lieu des castes
Quant au rôle du christianisme et de l’Eglise catholique en particulier, «la plus grande contribution des missions est précisément la démocratisation de la société indienne. Leurs institutions éducatives enseignent les valeurs de l’égalité, de la fraternité et de l’humanité à une nation dont la structure est fortement basée sur l’inégalité au nom de la caste et de la religion».
«Démolir les églises et les mosquées n’a rien d’une activité patriote, conclut le Père Pinto. On ne devient patriote qu’en apprenant à travailler en faveur des pauvres du pays. Et les fondamentalistes hindous ont beaucoup à apprendre des chrétiens et surtout de ceux qu’ils appellent missionnaires «. (apic/cip/bb)




