«Un ange passe» est un projet de la Direction artistique d’Expo.02 et des Eglises suisses, réunies en une association nommée ESE.02. Le projet a démarré en octobre 1998, orchestré par l’auteur du projet, le théologien et éditeur Gabriel de Montmollin, par

Liban: Mgr Lutfi Laham nouveau patriarche des melkites grecs catholiques

Solidaire de la cause des chrétiens de Terre Sainte

Beyrouth, 29 novembre 2000 (APIC) L’archevêque Lutfi Laham, 66 ans, vicaire patriarcal melkite à Jérusalem, a été élu nouveau patriarche d’Antioche pour les melkites grecs catholiques, une communauté chrétienne de rite byzantin unie à Rome. Le synode qui s’est tenu mercredi à Raboueh, au Liban, l’a désigné comme successeur du patriarche Maximos V. Hakim.

Agé de 92 ans, l’ancien patriarche d’Antioche est originaire de Tantah, en Egypte, mais réside à Damas. Son état de santé ne lui permettait plus de poursuivre son ministère. Selon le droit canonique des Eglises orientales, l’élection doit encore être approuvée par le pape. L’Eglise grecque catholique compte moins de 2 millions de membres, dont 500’000 vivent au Proche Orient, mais la majorité a émigré outre-mer ou en Europe.

Mgr Lutfi Laham, un prélat d’origine syrienne solidaire de la cause des chrétiens de Terre Sainte et avocat des droits du peuple palestinien, est né il y a 66 ans à Daraya, dans l’archidiocèse melkite de Damas, en Syrie. Il a étudié au Liban et à Rome et a été ordonné prêtre en 1959, avant d’être nommé en 1981 vicaire patriarcal à Jérusalem pour succéder à Mgr Hilarion Capucci, arrêté puis déclaré «persona non grata» par les Israéliens qui l’accusaient de collaborer avec la résistance palestinienne.

Mgr Laham a toujours déclaré que la paix est le seul espoir de survie pour les chrétiens de Terre Sainte, menacés de disparition. L’émigration saigne en effet la communauté chrétienne de Terre Sainte et risque de transformer les lieux saints en musées. L’archevêque Lutfi Laham, vicaire patriarcal grec-melkite catholique de Jérusalem, interpelle les Eglises d’Europe, dont il n’attend pas seulement un appui matériel nécessaire pour la survie des institutions ecclésiales locales, mais un soutien résolu en faveur du processus de paix au Moyen-Orient.

«Croyants du monde entier, sauvez Jérusalem!»

«Croyants du monde entier, sauvez Jérusalem, faites de cette ville une cité de l’Esprit!» lance l’archevêque melkite, qui souhaite pour sa ville un statut spécial, garanti internationalement, qui permettrait de faire droit tant aux revendications israéliennes que palestiniennes. «C’est que, note-t-il, les chrétiens palestiniens vivent à Jérusalem de façon ininterrompue depuis 2’000 ans; les musulmans y sont également depuis plus de 1400 ans; les juifs font remonter leur présence à 1’000 ans avant Jésus-Christ, et les tribus cananéennes, gabonites, arabes encore bien avant… Ainsi, les croyants des trois religions y ont des droits inaliénables et il est impensable d’envisager la souveraineté d’un groupe sur un autre».

Dans les années 40, affirme Mgr Laham, Jérusalem avait 45’000 chrétiens appartenant aux 13 Eglises reconnues officiellement. Dans les années 60, ils n’étaient plus que 25’000. Maintenant, ils seraient bien moins de 10’000. Il s’agit maintenant, dit-il, de rendre confiance aux chrétiens de Terre Sainte afin qu’ils ne soient pas tentés par l’émigration, envisagée comme le seul moyen d’échapper à la dureté de l’occupation et à la misère.

L’Eglise grecque-melkite catholique, en communion avec Rome, conserve jalousement sa tradition orientale, qu’elle a en commun avec l’Eglise orthodoxe. Elle compte dans le monde 1’700’000 fidèles, dont 500’000 vivent au Moyen-Orient et le reste dans les pays d’émigration: Canada, Etats-Unis, Amérique latine, Australie et Europe. Le chef de cette Eglise orientale unie à Romel porte le titre de «Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem». (apic/be)

29 novembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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