Pas question de se laisser dissocier du reste des Palestiniens
Jérusalem: Les chrétiens de Jérusalem sont Palestiniens, rappelle le Patriarcat latin
Jérusalem, 2 octobre 2000 (APIC) Alors que certains milieux israéliens aimeraient dissocier le sort des chrétiens de Terre sainte du reste de leurs compatriotes palestiniens – en se faisant passer pour leurs protecteurs contre l’islamisme -, «les chrétiens de Jérusalem sont Palestiniens», rappelle le Patriarcat latin de Jérusalem. Dans une note diffusée par le responsable de son département juridique, le Père Majdi al-Siryani, le Patriarcat latin souligne leur appartenance au peuple palestinien.
Les chrétiens de Terre sainte, en général, sont d’origines variées, mais aujourd’hui, – ayant passé par le creuset de nombreux changements historiques et de mouvements de populations, «ils font partie intégrante du peuple palestinien, dont ils partagent les mêmes racines, la même langue, la même culture, la même histoire et les mêmes défis, au-delà de leur appartenance religieuse», écrit le Père Majdi al-Siryani.
La question de la position de la communauté chrétienne de Jérusalem a surgi récemment dans le cadre des négociations de l’accord de Camp David 2 entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Le Patriarcat Iatin estime très surprenant que l’on demande aux chrétiens de Jérusalem s’ils préfèrent être sous souveraineté israélienne ou palestinienne, comme s’ils étaient dans une situation particulière. «Nous sommes nés en tant que nationaux palestiniens sur un territoire palestinien, nous sommes donc de nationalité palestinienne nonobstant l’occupation israélienne, et d’un autre côté, personne n’essaye de nous exclure ou de révoquer notre nationalité palestinienne». Le Père Majdi al-Siryani réitère que c’est un droit de tout Palestinien de vivre sous souveraineté palestinienne, quelle que soit son appartenance religieuse.
Jérusalem-Est doit être la capitale de l’Etat palestinien
Le Patriarcat latin affirme par conséquent que le souci des chrétiens de Terre sainte pour le sort de la ville et de son statut s’étend bien au-delà de leur lien avec Jérusalem en tant que «la ville sainte chrétienne excellence.» Car en plus du profond respect dû à la ville sainte en raison des liens religieux – qui sont «profonds et forts» – «ce ne sont pas nos seuls liens avec cette ville: Jérusalem est le cœur de nos préoccupations et intérêts nationaux».
«Du point de vue de la souveraineté territoriale, nous sommes concernés en tant que Palestiniens tout court. Nos représentants légitimes, c’est-à-dire l’OLP, s’occupent de cette dimension de la question de Jérusalem à la table des négociations. Il est clair que nous considérons que Jérusalem-Est est une ville arabe palestinienne et nous espérons qu’elle sera la capitale de l’Etat palestinien.»
Jérusalem, ville sainte pour les chrétiens comme pour les juifs et les musulmans
Considérant la dimension religieuse de la question de Jérusalem, les chrétiens estiment que la ville est sainte pour eux tout comme pour les juifs et les musulmans. «Dans ce sens, Jérusalem possède un caractère unique et universel».
Le Père Majdi al-Siryani considère qu’un «statut spécial internationalement garanti» pourrait sauver son caractère unique et son universalité. Le Patriarcat latin se fait l’avocat d’un «statut spécial» qui empêcherait la ville sainte d’être la proie de conflits et de guerres, et qui lui permettrait d’en faire une ville ouverte transcendant les intérêts politiques locaux, régionaux et internationaux. «Nous ne parlons pas d’internationaliser la ville», souligne-t-il.
Le Saint-Siège, une adresse religieuse pour les fidèles, pas une adresse politique
Le Saint-Siège, en tant qu’organe suprême de l’Eglise catholique romaine, la plus grande institution religieuse mondiale, s’est toujours senti obligé de s’impliquer dans la question de Jérusalem, principalement pour trois raisons: le bien-être de la communauté catholique en particulier et de la communauté chrétienne en général; son souci de la dimension humanitaire et les aspects éthiques de cette affaire; finalement son engagement pour la mise en œuvre des droits fondamentaux que sont la liberté de conscience et de religion.
Bien que le sort de la communauté chrétienne de Jérusalem soit un souci majeur du Saint-Siège, il ne s’ensuit pas que ce dernier réclamerait un quelconque titre de représentation en ce qui concerne les exigences nationales de cette communauté. «Le Saint-Siège est une adresse religieuse pour les fidèles, pas une adresse politique», il ne cherche donc pas à leur servir de représentation politique.
La lettre commune des Patriarches de Jérusalem au président américain Bill Clinton, au Premier ministre israélien Ehud Barak et au président palestinien Yasser Arafat le 17 juillet dernier avait soulevé toute une série de questions concernant la position des chrétiens sur le problème de la souveraineté sur Jérusalem. Par cette prise de position, le Patriarcat latin désire clarifier tous les malentendus – notamment ceux nés après la récente rencontre des responsables chrétiens de Jérusalem avec le Ministre israélien des Affaires étrangères Shlomo Ben-Ami – et réitère l’attachement de ses fidèles aux revendications nationales du peuple palestinien. (apic/com/pl/be)




