Des chrétiens au service de la paix et de la médiation
Belgique: Le Centre Mennonite à Bruxelles fête son 20e anniversaire
Bruxelles, 5 octobre 2000 (APIC) Les chrétiens mennonites, issus d’un des courants de la Réforme protestante au XVIe siècle, ne sont plus qu’une centaine en Belgique. Persécutés en Europe, ils ont émigré par milliers en Amérique. En 1950, quelques Mennonites sont revenus en Belgique. En 1980, un Centre Mennonite a vu le jour à Bruxelles. Les vingt ans du Centre vont être célébrés par plusieurs manifestations et dans un esprit oecuménique.
Le 1er novembre, il y aura vingt ans que s’y installaient deux couples américains, Jeanne et Stephen Gerber-Shank et Sylvia et Robert Shirk-Charles. Ils ont beaucoup contribué à faire de cette maison un foyer d’initiatives et d’activités au service de l’éducation à la paix, dans l’esprit de l’Evangile. Au fil des années, le Centre s’est doté d’une bibliothèque, spécialement fournie en ouvrages et publications consacrées à l’éducation à la paix et à la non-violence, notamment avec les enfants et les jeunes.
Les Mennonites constituent, depuis l’origine, le courant le plus pacifique du mouvement anabaptiste, qui est né à Zurich au XVIe siècle, dans l’entourage du réformateur Zwingli. A l’époque, ces chrétiens n’avaient pas seulement rallié le grand courant de réforme inspiré par Luther, mais ils désiraient marquer leur libre adhésion d’adultes au Christ et à l’Evangile par un rite particulier. Ne pouvant plus se considérer comme chrétiens du seul fait d’être nés dans des familles qui les avaient baptisés enfants, ils se sont donné un baptême d’adultes.
D’où leur nom d’anabaptistes: «rebaptiseurs», pourrait-on dire, à condition de comprendre qu’ils réclament avant tout, non pas un double baptême, mais un baptême d’adultes, par souci d’une foi libre. Se démarquant ainsi d’une tradition où la religion du lieu était d’embléée la religion du prince, les «anabaptistes» ont été très tôt persécuté, tant dans les régions à nouvelle majorité protestante que dans les régions à ancienne majorité catholique. Plusieurs ont subi un martyre atroce, tantôt brûlés, tantôt noyés, souvent après une torture qui leur retirait la possibilité même de témoigner de leur foi jusque dans la mort: on leur coupait la langue. Ce fut notamment le cas dans les Pays-Bas espagnols régis par Charles-Quint, y compris à Bruxelles.
Un million à travers le monde
La radicalisation du mouvement anabaptiste en Allemagne n’a rien arrangé. En effet, des anabaptistes révolutionnaires ont été impliqués dans la révolte des paysans en Allemagne: une étiquette de violence s’est ensuite injustement mais durablement collée au dos des autres, même des pacifiques. C’est ainsi que la persécution espagnole dans les Pays-Bas aboutira en moins d’un siècle à la disparition complète de l’anabaptisme, alors que le mouvement formait, en 1550, la seconde confession chrétiene du pays, derrière le catholicisme.
Mais pourquoi Mennonites? Ce nom a été attribué de l’extérieur aux anabaptistes pour les rattacher à une grande figure du mouvement, originaire de Frise: Menno Simons, ancien prêtre catholique qui est devenu anabaptiste et, de 1536 à 1561, aux Pays-Bas puis en Amérique, a exercé une grande influence sur le mouvement et sur sa veine évangélique et pacifique. Plus tard, en Alsace, en 1693, sous la conduite de Jakob Amman, une partie des anabaptistes germanophones s’est scindée de l’ensemble pour constituer une branche distincte: les Amish, dont la presque totalité ont émigré en Amérique. Les Mennonites baptisés sont environ un million à travers le monde, principalement en Amérique, et désormais davantage au Sud qu’au Nord. (apic/cip/pr)




