Pourquoi, quel sens: les explications de Mgr Bertone

Rome: Consécration du monde à la Vierge, dimanche 8 octobre

Rome, 6 octobre 2000 (APIC) Près de 1’400 évêques seront présents à Rome le 8 octobre pour la célébration de leur jubilé, sans compter ceux de la Curie romaine. Ils célébreront une messe solennelle autour de Jean Paul II, au cours de laquelle aura lieu un «acte de consécration» à la Vierge, devant la statue de Fatima, amenée jusqu’à Rome pour l’occasion. Quel est le sens de cette cérémonie? L’agence APIC a posé la question à Mgr Tarcisio Bertone, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

APIC: Quel est le sens de la consécration du monde à la Vierge que le pape va faire le 8 octobre avec les évêques?

Mgr Bertone: Ce n’est pas vraiment une nouvelle consécration du monde à la Vierge. En effet, il y en a déjà eu plusieurs, depuis celle de Pie XII le 8 décembre 1942, jusqu’à celle de Jean Paul II le 25 mars 1984. Il ne s’agit donc pas de les répéter. Le mot «consécration» a été traditionnellement très employé, notamment par saint Louis-Marie Grignion de Monfort. Il laisse entendre que, comme fils de Marie, nous participons à cette consécration que le Christ a faite de lui-même à son Père avant de mourir sur la croix, comme on le voit dans l’Evangile de saint Jean, et comme l’a expliqué le pape dans l’acte du 25 mars 1984.

A l’occasion de l’année jubilaire, Jean Paul II a pourtant voulu modifier le mot clef de «consécration» pour choisir plutôt l’expression «remise à la protection de Marie» de l’Eglise et des évêques en tant que pasteurs de l’Eglise. Cette expression évoque cette fois le moment dans l’Evangile où le Christ, sur le point de mourir, nous offre sa mère en la confiant à saint Jean. A travers une très belle prière à la Vierge, le pape va donc remercier le Christ, unique Sauveur, pour ce don qu’il a fait de Marie à l’Eglise naissante. Et l’Eglise en quelque sorte, va répondre à ce don, en se confiant à son tour à sa protection.

Plus que le mot «consécration», l’expression «remise à la protection de Marie» évoque donc notre humilité, notre incapacité à agir seuls, et la nécessité de l’intervention de Dieu dans notre vie sans mérite de notre part. Si l’on s’offre soi-même à Dieu, à travers la Vierge, c’est Dieu qui nous «consacre», par le baptême, la confirmation, le sacrement de l’ordre, ou la consécration religieuse, à travers la profession des «conseils évangéliques».

APIC: Quel lien cette démarche a-t-elle avec le jubilé des évêques?

APIC: Pourquoi avoir fait venir la statue de la Vierge de Fatima pour cela? Tout le monde ne partage pas forcément cette dévotion?

Mgr Bertone: Bien sûr, chacun est libre d’avoir son style de dévotion, et par ailleurs il faut distinguer ce qui relève d’une révélation privée et le contenu de la Révélation unique et publique qui s’est faite par le Christ. Mais outre le fait que la Vierge de Fatima est d’actualité cette année, après la béatification des petits bergers au mois de mai et la publication de la troisième partie du secret au mois de juin, faire venir sa statue à Rome pour ce jubilé permet de rappeler l’essentiel du message de Fatima, qui ramène au coeur de l’Evangile. Ce message est d’abord en effet un appel à se convertir, à témoigner fidèlement, à faire pénitence et à prier. Il dépasse donc largement le contenu des visions décrites par les enfants de Fatima, et reste valable pour les chrétiens du XXIe siècle.

Ce qui est important surtout, c’est de rappeler que nous ne pouvons pas ne pas nous dire «marials». Dieu a fait don de la Vierge à l’Eglise. On ne peut pas effacer cela de l’horizon de la foi. Il y a d’ailleurs un parallèle, comme l’a montré le théologien suisse Hans Urs von Balthasar, entre le ministère de Pierre et celui de Marie dans l’Eglise. Tous les deux sont partie intégrante du mystère de l’Eglise. (apic/imed/pr)

6 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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