Afrique: 4 missionnaires italiens tués depuis le début du mois
Burundi: A nouveau une religieuse italienne abattue dans une embuscade
Bujumbura, 16 octobre 2000 (APIC) Une nouvelle fois un attentat sanglant au Burundi a visé des missionnaires catholiques étrangers. Sœur Gina Simionato, une Italienne de 55 ans, a été abattue dimanche matin par des hommes armés dans une embuscade tendue sur la route reliant Gitega, une ville située à moins de 100 km à l’est de la capitale Bujumbura, à la mission de Gihiza. La religieuse italienne se rendait à la messe en compagnie de deux autres religieuses appartenant comme elle à la congrégation fondée par le Père Luca Passi, les Sœurs de Sainte Dorothée, dites «Dorothées de Venise».
Le 3 octobre dernier, un missionnaire laïc, Antonio Bargiggia, a été assassiné par des hommes en uniforme à Kibimba, à une septantaine de kilomètres de Bujumbura. Le mois d’octobre a été particulièrement sanglant pour les missionnaires italiens, puisque deux autres religieux ont trouvé une mort violente sur le continent africain: le Père Raffaele di Bari, a été assassiné près de Pajule, dans le nord de l’Ouganda le 1er octobre, et Sœur Floriana Tirelli, une semaine après, dans la forêt de Solwezi, en Zambie.
Climat extrêmement tendu
Dimanche matin, Sœur Gina, supérieure de la communauté de Gihiza, a été tuée par balles, et Sœur Matrone Nkurikiye, blessée à une main. La veille, Sœur Gina avait téléphoné à la vicaire générale de son institut, à Rome, Sœur Vittorina Salvodi, qui devait se rendre pour une visite canonique au Burundi. Gina avait averti Sœur Vittorina que le climat était extrêmement tendu dans leur mission de Gihiza, où les religieuses jouent un rôle particulièrement important en raison de l’absence d’un prêtre. Sœur Gina avait passé la nuit de samedi à dimanche au séminaire diocésain de Gitega, par prudence.
Née le 31 mars 1945 à Quinto, près de Trévise, en Italie, Sœur Gina a prononcé ses vœux en 1972. Après avoir œuvré au sein de plusieurs communautés religieuses de Vénétie, elle s’est rendue en Afrique en 1975. Elle a vécu au Burundi de 1975 à 1987, dans les missions de Matara et de Rukago, puis de 1988 à 1998 en République Démocratique du Congo, à Bukavu. Elle a passé les deux dernières années de sa vie au Burundi, consciente de la gravité de la situation dans un pays déchiré par une guerre civile qui a fait plus de 150’000 morts depuis 1993. Au mois de juillet, alors qu’elle se trouvait en Italie, elle avait confié à sa Supérieure générale: «Je n’ai pas la vocation d’un héros mais je retourne volontiers auprès des gens de ma paroisse et par-dessus tout, je désire retourner aux côtés de mes sœurs africaines». (apic/misna/be)




