La balle est dans le camp des Africains eux-mêmes
Rome: Signature d’un accord entre le Saint-Siège et l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA)
Addis Abeba/Rome, 22 octobre 2000 (APIC) Le Saint-Siège et l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) ont signé dans la capitale éthiopienne Addis Abeba un Accord de coopération, inaugurant ainsi une étroite collaboration dans les domaines de l’éducation, de la santé, des droits de l’homme et des affaires sociales.
Intervenant au moment de la signature de l’accord, le cardinal Bernardin Gantin, ancien préfet de la Congrégation pour les évêques, a évoqué les défis communs que le Saint-Siège et l’OUA peuvent désormais affronter ensemble. Le doyen du Collège des cardinaux a ainsi évoqué la question du sida, qualifiant cette pandémie de «fléau» de «terrifiante maladie» qui représente une menace pour la vie de dizaines de millions d’Africains et un obstacle au développement de toute l’Afrique.
Pour le cardinal Gantin, face au sida, seule l’abstinence est efficace à 100%
Pour le cardinal Gantin, l’OUA et le Saint-Siège, comme tous les Africains et toutes les institutions africaines, doivent être constants dans leurs efforts pour enrayer l’extension de la maladie et pour prendre soin de ceux qui en sont affectés. Dans cette perspective, le cardinal béninois a invité pour sa part à «ne pas mettre trop d’espoir dans des solutions apparemment efficaces mais fallacieuses qui concernent la transmission de la maladie et son traitement». Il faut plutôt encourager, estime-t-il, «une attitude vraiment responsable» en se concentrant sur la possibilité réelle de l’abstinence qui, à l’inverse d’autres méthodes, est 100% efficace, qui n’a pas d’effet nocif et qui ne coûte absolument rien. «Nous espérons, a ajouté le cardinal Gantin, que le sommet de la Commission Economique pour l’Afrique, en décembre prochain, sur le défi majeur du sida, favorisera un engagement d’un niveau élevé pour éradiquer cette plaie».
Il n’a y pas trop d’Africains, mais une mauvais distribution des richesses
Le cardinal Gantin a par ailleurs insisté sur l’urgence de mettre fin aux guerres et aux violences en Afrique, et sur la nécessité de soutenir le développement économique pour promouvoir la paix. «La justice économique doit être au centre des efforts de l’Afrique pour la paix», a-t-il affirmé, avant d’évoquer comme une mesure positive l’allégement de la dette internationale préconisé à la fois par l’OUA et par le Saint-Siège. «Cela peut aider à l’affectation de précieuses ressources aux problèmes de développement et aux services sociaux dont ont besoin les peuples du continent», a-t-il affirmé. «Le problème ne concerne pas le nombre de personnes en Afrique, a encore déclaré le doyen des cardinaux, mais la juste distribution des ressources, à laquelle le continent africain a droit».
Dans son intervention, le cardinal a encore abordé le problème des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur des pays, et celui du respect des droits de l’homme. «La constitution d’une Cour internationale des droits de l’homme en Afrique devrait aider au respect des droits de l’homme fondamentaux», a-t-il affirmé à ce sujet. Enfin, le cardinal Gantin a également souligné la nécessité de combattre la détérioration de l’environnement. «Cela signifie aussi contribuer à la paix et à la sécurité intérieure des nations, a-t-il assuré, parce que cela concourt à empêcher le triste phénomène des déplacements de populations à cause de questions d’environnement, et à prévenir des catastrophes économiques».
«Le pape pense que de nombreuses solutions aux problèmes du continent sont entre les mains des Africains eux-mêmes, grâce à leurs propres forces», a finalement affirmé le cardinal Gantin, en citant, comme valeurs positives de l’Afrique: «un profond sens religieux, un attachement fort à la famille, manifesté dans l’amour des enfants et dans l’ouverture à la vie humaine, un sens aigu de la solidarité et de la vie communautaire». Pour le cardinal béninois, ces valeurs peuvent aider l’Afrique à affronter les défis d’aujourd’hui dans la mesure où elles s’épanouissent dans une coopération vécue entre les Africains de toutes croyances, dans l’administration juste et honnête des affaires publiques, dans le respect de la loi et l’établissement de politiques économiques, et dans la solidarité internationale.
Plus de 100 millions de catholiques en Afrique
Au cours de son intervention enfin, le cardinal Gantin a indiqué qu’il y a aujourd’hui plus de 100 millions de catholiques en Afrique, et que l’Eglise catholique est présente dans tous les pays du continent. L’Eglise en Afrique comprend plus de 428’000 évêques, prêtres, diacres, religieux et religieuses, et catéchistes, sans compter les laïcs salariés ou bénévoles, a-t-il affirmé, avant d’énumérer leurs centres de travail sur le continent, soit 85’000 centres pastoraux, plus de 5’000 hôpitaux et cliniques, plus de 500 maisons pour personnes âgées et handicapées, plus de 700 orphelinats, et plus de 5’000 autres centres d’éducation sociale et de formation, comprenant beaucoup de centres pour les femmes.
Enfin, l’Eglise catholique en Afrique offre par ailleurs une éducation de base à environ 13 millions d’enfants et de jeunes africains, a précisé le cardinal Gantin, sans distinction de religion, d’origine ethnique, ou de statut socio-économique. (apic/imedia/be)




