Vers un élargissement de l’Europe des Quinze

Bruxelles: Rassemblement des évêques de la grande Europe

Bruxelles, 24 octobre 2000 (APIC) Des évêques d’une trentaine de pays européens de l’Ouest et de l’Est se sont rassemblés du 19 au 22 octobre à Bruxelles et à Louvain pour réfléchir à la contribution des Eglises à l’unification de l’Europe. Ils ont abondamment parlé de l’élargissement de l’Europe des Quinze. Aussi la future Charte des droits fondamentaux de l’Union a-t-elle retenu toute leur attention.

C’est à l’invitation du cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, que le Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE) vient de tenir pour la première fois son assemblée générale en Belgique, sous la président du cardinal Miloslav Vlk, archevêque de Prague. Cet organisme rassemble les présidents des 34 Conférences épiscopales d’Europe. Sa tâche est de renforcer la collégialité des évêques de toute l’Europe et leur collaboration sur le plan pastoral.

Les droits européens de demain

Parce que les évêques misent sur «la grande Europe», selon l’expression du cardinal Danneels, ils apprécient les efforts actuels de la «petite Europe» des Quinze pour s’élargir. L’assemblée du CCEE a donc porté une attention particulière au projet de Charte des Droits fondamentaux de l’Union Européenne, sur laquelle le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement des Quinze devrait se prononcer lors du sommet des 7 et 8 décembre à Nice.

Dans une déclaration publiée à l’issue de leur assemblée, les évêques disent considérer cette charte comme «partie du processus de renforcement du cadre institutionnel de l’Union Européenne». «Cette charte, écrivent-ils, représente en soi quelque chose de positif, car elle renforce le réseau librement entrepris de relations réciproques et de coopération, qui assure et promeut le développement de la paix, de la justice et de la solidarité sur notre continent». «Les droits de l’homme, ajoutent-ils, sont parmi les éléments les plus apprééciables de la tradition religieuse, morale, culturelle et civique de l’Europe».

«Des formulations inacceptables»

Les évêques se disent «en même temps obligés de relever dans la charte des formulations incomplètes ou franchement inacceptables». Et de préciser: «Outre l’absence de toute référence à Dieu, la prohibition du clonage de la vie humaine s’étend seulement au clonage à des fins reproductives; en faisant une distinction entre le droit de se marier et le droit de fonder une famille, il semble qu’on cherche à légitimer des unions qui sont différentes du mariage et à les qualifier de familiales. On a omis d’accorder aux Eglises et aux communautés religieuses comme telles un caractère juridique et institutionnel spécifique».

Enfin, les évêques se disent convaincus que «L’Eglise catholique peut, avec d’autres Eglises et communautés chrétiennes, contribuer grandement à promouvoir l’héritage religieux, spirituel et moral» du continent. Ils encouragent donc «tous les efforts, dans chacun des Etats et au niveu européen, pour renouveler et pour renforcer l’humus culturel, généré en grande partie par le christianisme qui, aux côtés d’autres traditions, fut historiquement et peut être plus que jamais à l’avenir un facteur déterminant pour l’humanisation et pour la promotion de l’unité de tous les peuples du continent européen».

Collaboration oecuménique

Les travaux des évêques ont également porté sur les relations entre les Eglises en Europe. Depuis plusieurs années, le CCEE a des contacts suivis avec la KEK, la Conférence de quelque 120 Eglises européennes orthodoxes, protestantes et anglicanes.

Les deux organisations ont organisé conjointement deux rassemblements fameux: l’un en 1989 à Bâle (Suisse) sur «la Justice, la Paix et l’Intégrité de la Création»; le second en 1997 à Graz (Autriche) sur «la réconciliation, don de Dieu et source de vie nouvelle». Un troisième rassemblement se prépare: il est prévu à Strasbourg, du 17 au 22 avril 2001. En attendant, une charte oecuménique est en projet depuis entre la KEK et le CCEE. Son objet sera moins théologique que pragmatique: il s’agit de préciser les conditions de collaboration mutuelle entre les Eglises pour améliorer l’organisation du travail et des rencontres. Les évêques européens ont pu juger de l’avancement de la Charte. Ils ont redit leur espoir qu’elle serve efficacement les relations oecuméniques entre les chrétiens.

Symposium sur les jeunes

Depuis 1967, les Conférences épiscopales européennes ont organisé neuf symposiums sur des sujets majeurs touchant à l’évolution de l’Eglise et de la société. Le sujet et la date du prochain symposium viennent d’être décidés à Louvain. La rencontre portera sur «La foi des jeunes à la lumière du changement dans les valeurs en Europe». Ce dixième symposium aura probablement lieu à Rome du 24 au 28 avril 2002. Les précédents symposiums ont en général rassemblé quelque 80 participants: évêques, experts et représentants des laïcs, des religieux et des prêtres. Ce nombre devrait être porté à 150 pour le prochain symposium, auquel des responsables de jeunes de différents pays seront associés. (apic/cip/bb)

24 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!