Paris: Présentation des travaux de la prochaine assemblée plénière des évêques
Donner suite à la lettre pastorale «proposer la foi aujourd’hui»
Paris, 26 octobre 2000 (APIC) Lors de leur prochaine assemblée plénière, les évêques de France vont réfléchir aux suites à donner à la lettre pastorale intitulée «proposer la foi aujourd’hui». Ils étudieront également les problèmes posés par la mise en cause de prêtres pédophiles et tireront le bilan du Jubilé et des JMJ.
Mercredi, Mgr Louis-Marie Billé, président de la Conférence des évêques de France (CEF), a présenté à Paris l’ordre du jour de la prochaine conférence des évêques qui se tiendra à Lourdes du 4 au 10 novembre. A cette occasion, le travail de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) sera présenté à la CEF.
Les évêques ont déjà largement débattu ces dernières années de la proposition de la foi dans la société d’aujourd’hui. Ce thème a même fait l’objet d’une lettre aux catholiques de France, qui n’a pas été sans retentissement. Pourquoi y revenir? Selon Mgr. Billé le but est de vérifier la concrétisation de ce qui a été envisagé en 1996. Regarder de plus près ce qui est vraiment neuf et prometteur. «Certes, il y a les recherches multiformes pour annoncer la foi, le nombre croissant des catéchumènes, le succès des JMJ, la forte mobilisation dans les diocèses pour célébrer le Jubilé» explique Mgr. Billé.
Une société complexe et multireligieuse
Il remarque que l’humus chrétien de la société s’effrite de jour en jour. «Ce dossier commande tous les autres dossiers: il est normal que nous lui consacrions beaucoup de temps». Nous devons prendre en compte la complexité cette société multireligieuse, où la mémoire des données de la foi chrétienne s’efface, où les familles sont fragilisées, où il est de plus en plus difficile d’être jeune et chrétien, relate encore Mgr Billé.
S’agissant de nouvelles provinces ecclésiastiques, Mgr Billé assure que l’objectif n’est pas de réduire, ni d’augmenter le nombre des diocèses mais de faciliter le travail en commun.
Débat délicat à propos des prêtres pédophiles
Troisième sujet, sensible s’il en est: les prêtres accusés de pédophilie. Mgr Billé évoque la douleur des victimes et de leurs familles dont la confiance a été trahie. «Mais, précise-t-il, nous leur devons bien plus que notre compassion. Nous devons prendre la pleine mesure de la gravité de cette situation et l’aborder à la lumière des travaux des médecins, psychothérapeutes, juristes, moralistes. Pour ce faire, nous avons mis en place un groupe de travail interdisciplinaire».
Les évêques s’adresseront-ils sur ce sujet à l’opinion publique, au terme de leur assemblée plénière ? Peut-être que oui, peut-être que non, répond très prudemment Mgr Billé. «Nous sommes confrontés à de nombreuses questions et il n’est pas facile de communiquer sur le sujet. Lorsqu’un conseil de séminaire décide, dans mon diocèse et avec mon assentiment, de renvoyer quelqu’un au prétexte que son équilibre affectif et sexuel pose question, je ne vais évidement pas convoquer la presse. Je suis obligé de me taire. N’ai-je rien fait pour autant?», demande le président de la conférence épiscopale. (apic/jcn/vb)




