Proclamation de Thomas More patron des gouvernants et des politiciens, le 31 octobre
Le «motu proprio» sera signé par Jean Paul II
Rome, 27 octobre 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II signera le 31 octobre 2000 le «motu proprio» par lequel il proclamera saint Thomas More patron des politiciens et des gouvernants.
Le texte de ce «motu proprio» n’est pas encore public. Une conférence de presse donnée le 26 octobre au Vatican a néanmoins avancé les raisons de cette proclamation.
Selon le cardinal Roger Etchegaray, président du Comité central pour le jubilé, qui est intervenu lors de cette conférence, le pape explique dans son «motu proprio» que c’est «dans la défense des droits de la conscience que l’exemple de Thomas More brilla d’une lumière intense».
S’il le proclame patron de ceux qui ont des responsabilités politiques, c’est pour «rappeler la priorité absolue de Dieu jusque dans les affaires publiques», a ajouté le cardinal. «Alors que nous vivons dans une période d’éclipse de la conscience, il nous montre à tous un homme qui a préféré la mort à la vie par fidélité à sa conscience, à une conscience qui n’a jamais cessé d’être éclairée par la lumière de Dieu et par les conseils de personnes sages, loin de tout fanatisme et de subjectivisme».
Au cours de cette conférence de presse est intervenu également l’ancien président de la République italienne, le sénateur Francesco Cossiga, à l’origine de cette proclamation. Lui-même a expliqué en effet que cette idée est née en 1985 au sein de «l’Association internationale des amis de Thomas More» dont il est membre. «Nous nous sommes de nouveau penchés sérieusement sur la question il y a deux ans», a-t-il précisé. «Cela a donné lieu à des réflexions sur l’état de la politique et ses rapports avec les valeurs éthiques». Pour Francesco Cossiga, Thomas More est un saint «extraordinairement moderne» et un «modèle de laïc» qui, «illuminé par la foi et totalement conscient de ce qu’il faisait», a défendu «le primat de la conscience».
Un exemple
Avec Francesco Cossiga, des centaines de personnalités culturelles et politiques du monde entier, catholiques et non-catholiques, ont signé une demande officielle à l’intention du pape en faveur de cette proclamation. Parmi elles se trouvaient notamment les présidents du Chili et de Colombie, l’ancien président de la République italienne Oscar Luigi Scalfaro, l’ancien premier ministre italien Massimo d’Alema, et les membres de la famille princière de Monaco.
Publiée le 26 octobre, cette lettre officielle décrit Thomas More comme un «exemple parfait» d’une «unité de vie», chez qui «il n’y eut jamais cette fracture entre la foi et la culture, entre les principes et le quotidien». La lettre évoque l’activité humaniste abondante de Thomas More, que ce soit dans les domaines de la littérature, de la philosophie, de la théologie ou du droit. «Il orienta l’interprétation et la formulation des lois dans la direction d’une véritable justice sociale et de la construction de la paix entre les individus et les nations», peut-on lire à ce sujet. Thomas More est donc présenté comme un «promoteur du bien commun», un «défenseur des pauvres» et un «serviteur de l’homme». La lettre souligne encore le «très haut niveau moral» qu’il a fait régner dans sa famille, ainsi que «sa bonne humeur extraordinaire, sa sérénité rayonnante, son respect des points de vue contraires au siens, son pardon sincère à ceux qui le condamnaient», et sa façon de «conjuguer cohérence et profond respect de la liberté d’autrui». Thomas More donna sa vie, conclut enfin la lettre, «pour défendre la liberté de l’Eglise vis à vis de l’Etat, en défendant du même coup la liberté et la primauté de la conscience du citoyen vis à vis du pouvoir civil».
Désir de servir
Intervenant pour sa part lors de la conférence de presse, l’un des signataires de cette lettre, Lord David Alton, membre de la Chambre des Lords en Grande Bretagne, a souligné que «pour Thomas More, la politique n’a jamais été source de promotion personnelle ou accumulation de pouvoir». «Elle était au contraire enracinée dans son désir de servir», a-t-il souligné, en parlant de son grand «sens du devoir». «Nous disons souvent que nous avons des convictions pour lesquelles nous serions prêts à mourir, mais en privé beaucoup d’entre nous ne savent pas ce qui se passerait réellement dans de telles conditions», a fait remarquer Lord David Alton. «Si Thomas More vivait aujourd’hui, il combattrait contre la légalisation de l’euthanasie et la culture de la mort, estime-t-il. Il ne laisserait pas les six millions d’avortements commis depuis la loi de 1967 votée en Grande Bretagne ni le million de destruction d’embryons dans les laboratoires britanniques ces dix dernières années».
L’homme
Né en 1478 à Londres, Thomas More fut un célèbre avocat, membre du Parlement anglais et juge de renom. Il entra au service du roi d’Angleterre à l’âge de 41 ans, et devint son chancelier à 52 ans. Le 16 mai 1532 toutefois, il démissionna de sa charge pour ne pas appuyer Henri VIII dans ses démarches pour obtenir le contrôle de l’Eglise en Angleterre. Thomas More fut donc emprisonné pendant quinze mois, avant d’être jugé puis décapité le 6 juillet 1535. Canonisé par Pie XI en 1935, il est également inscrit dans le martyrologe de la Communion anglicane. (apic/imed/pr)




