«Un sommet peu représentatif et sans véritables objectifs»

New York, 2 septembre (APIC) Secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), le pasteur Konrad Raiser a regretté le manque de représentativité du Sommet du millénaire pour la paix dans le monde, qui a réuni un millier de responsables religieux et spirituels, du 28 au 31 août, aux sièges des Nations Unies à New York, et l’absence d’objectifs clairement identifiables et le double langage de «certains leaders religieux». Le sommet du millénaire a cependant constitué «un pas» sur la voie du dialogue, a salué le pasteur.

Pour Konrad Raiser, le Sommet doit être vu «comme un pas» dans un processus œcuménique de dialogue plus vaste. «Ce n’est pas le premier pas… Il y a eu de nombreuses rencontres internationales, interreligieuses, dont certaines étaient beaucoup plus structurées que celle-ci.»

Répondant à l’agence de presse ENI, le pasteur Raiser a observé que le Sommet ne s’était pas fixé d’objectif clairement identifiable» sinon celui de créer un forum permettant aux gens de reconnaître la grande diversité des traditions religieuses à travers le monde. Le secrétaire général du COE a en outre regretté le manque de représentativité de la rencontre: «Les plus hauts responsables religieux» n’étaient pas présents au Sommet, a-t-il fait remarquer. Le pape Jean-Paul II n’a pas assisté a` l’événement, ni le dalaï-lama, leader bouddhiste tibétain en exil, qui n’avait pas reçu d’invitation en raison des réserves du gouvernement chinois.

Pour le pasteur Raiser, le sommet a cependant constitué une «riche expérience» pour les responsables religieux réunis au siège des Nations Unies à New York. Il a appelé ces derniers à réaffirmer et à soutenir la mission essentielle des Nations Unies».

Double langage de certains leaders religieux

Le pasteur Raiser s’est dit préoccupé par le double langage de certains leaders hindous indiens. «Ils ont parlé de paix» au Sommet alors qu’ils prônent souvent la violence dans leur pays. S’exprimant le deuxième jour de la rencontre, le 29 août, dans la grande salle de l’Assemblée générale des Nations Unies, le pasteur Raiser a appelé les participants à condamner l’utilisation de la religion comme instrument de violence.

Le secrétaire général du COE a aussi critiqué les leaders politiques qui «manquent de courage civique et de sagesse politique», et sont «plus soucieux de préserver les intérêts nationaux, et souvent leurs privilèges personnels que les intérêts collectifs des peuples membres des Nations Unies».

S’agissant de la proposition de Conseil consultatif des responsables religieux auprès des Nations Unies, le pasteur Raiser déplore le côté vague de la proposition présentée lors du sommet, qui ne fixe ni les modalités de la formation d’un tel conseil ni celles de son fonctionnement. Les organisateurs de la conférence ont précisé qu’un comité directeur devait d’abord être créé. «Je ne suis pas convaincu que la formation d’un autre organisme nous conduise plus loin», a dit le pasteur Raiser. Toute nouvelle organisation devrait être créée «dans le cadre d’un processus transparent et prudent, et fondée sur un forum plus représentatif» que celui du Sommet du millénaire pour la paix.

Contacts officiels avec les Nations Unies

Le pasteur Raiser a rappelé qu’il existait «un certain nombre de réseaux interreligieux concernés par les questions de justice et de paix», tels que la Conférence mondiale pour la religion et la paix et le Parlement mondial des religions qui, comme le COE. Ces réseaux ont des contacts officiels avec les Nations Unies.

La session initiée notamment par des fondations étroitement liées aux Nations Unies a accueilli à New York des représentants des grandes religions et principaux mouvement spirituels de la planète. Un projet d’engagement en faveur de la paix a été adopté à l’issue de la rencontre – les responsables religieux s’engageant notamment à respecter les autres traditions religieuses, à condamner la violence religieuse et à promouvoir l’égalité entre les sexes. (apic/eni/mjp)

3 septembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!