Rome: Mgr Zago et le cardinal Schönborn commentent la déclaration «Dominus Iesus»

Le document vise ceux qui rechignent à évangéliser

Rome, 8 septembre 2000 (APIC) «Dominus Iesus» vise avant tout les déviances des missionnaires et des théologiens qui rechignent à évangéliser en vue de conversions, selon Mgr Marcello Zago, secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples au Vatican. Pour le cardinal Schönborn, le document ne conteste pas que le salut existe aussi à l’extérieur de l’Eglise catholique.

Dans une interview accordée au lendemain de la parution de «Dominus Iesus» à l’agence Fides, l’archevêque italien Marcello Zago souligne que pour permettre une cohabitation facile entre les religions, des représentants de l’Eglise catholique mettent en doute l’évangélisation et ne proposent pas la conversion d’une religion à l’autre. Ce manque de prosélytisme est un problème brûlant, en particulier dans certains secteurs de l’Asie, affirme le secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des peuples.

Attention aux déviances théologiques

Une volonté de coexistence pacifique avec les religions qui déboucherait sur l’affirmation «Le Christ est Sauveur, mais seulement pour nous» est en réalité une déviance théologique pour Mgr Zago. «En Asie, il y a un pluralisme religieux que l’on ne peut nier», constate le prélat, qui déplore que les religions rejettent l’Eglise, parce qu’elles voient des conversions, et cela n’est pas accepté: «En Inde, en Indonésie, dans les pays à majorité musulmane, on cherche à empêcher l’Eglise de proclamer l’Evangile et d’obtenir des conversions.»

Pour l’archevêque italien, ce rejet par les religions constitue une pierre d’achoppement pour des théologiens, qui en arrivent à réduire la présentation de la foi chrétienne afin de ne pas provoquer davantage d’oppositions. «Il est très important que la Mission ait des bases et des fondements théologiques qui s’enracinent dans la Bible et dans la tradition. On ne peut nier le commandement de Dieu d’aller vers tous les peuples», affirme le prélat, avant de préciser que le problème ne touche pas que l’Inde ou d’autres pays d’Asie, mais également les Etats-Unis et l’Europe.

Il serait faux que la lutte contre les injustices et la pauvreté, et pour l’écologie voilent l’annonce explicite de Jésus Christ, affirme Mgr Zago. Mais il est important de trouver un équilibre dans les différentes tâches de la Mission et de redécouvrir que le centre de toute l’action missionnaire est de vivre l’Evangile et de l’annoncer aux autres.

Pour le cardinal Schönborn, un rappel de l’identité catholique

Dans une déclaration à la presse, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, a affirmé jeudi que la déclaration «Dominus Iesus» ne constituait pas un retour en arrière dans l’œcuménisme, mais un rappel de l’identité catholique. Le prélat a affirmé qu’il rencontrerait le conseil oecuménique des Eglises en Autriche afin d’entamer un dialogue clair sur cette question.

Pour le cardinal Schönborn , il est clair que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’a pas contesté le fait que le salut existe aussi à l’extérieur de l’Eglise catholique. Cela a été affirmé en particulier par le concile de Vatican II. «Des chrétiens d’autres confessions, tout comme des non-chrétiens, peuvent arriver au salut, qui reste dans tous les cas un don de Dieu», a affirmé l’archevêque de Vienne.

Tous les chrétiens sont d’accord que Jésus n’a voulu qu’une Eglise, a souligné le cardinal Schönborn: «Cela est proclamé par tous dans la profession de foi. Les chrétiens ne peuvent se résoudre à rester indéfiniment divisés». Mais, comme l’affirme le document «Dominus Iesus» en se référant à Vatican II, l’Eglise catholique est convaincue que la communauté, pour être Eglise, doit être en communion avec le successeur de Pierre, rappelle l’archevêque de Vienne. (apic/fides/bb)

8 septembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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